Comment Taubira m'a expédié en grille d'été
Le matinaute
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chronique

Comment Taubira m'a expédié en grille d'été

Aie. Ouille. J'arrive.

Le temps de vérifier si je suis indemne, et de retrouver un minimum de lucidité matinale. Je viens à l'instant de faire une expérience limite: un quart d'heure de torrent Taubira sur France Inter. De bon matin. Un vendredi.  Sans prévenir. Alors que se profile, souriant, radieux, provocant, un week-end réparateur.

Attention: je ne recommande nullement d'éviter l'expérience. Mais un quart d'heure radiophonique de Christiane Taubira, comme pour le grand huit du parc Astérix, il faudrait prévenir. Apposer une pancarte au bas du manège: à déconseiller aux personnes de santé fragile, souffrant de troubles cognitifs, ou de difficultés cardiaques. L'attraction commence presque normalement. Question, réponse. Et en quelques secondes, sans qu'on réalise, on a basculé tête la première dans l'essoreuse, une grande essoreuse à chiffres et à mots, surpopulation carcérale, peines planchers, héritage de la droite, sorties sèches, récidive, bilan catastrophique de la droite, Monsieur Weil, délinquance financière, prestige du service public, carte judiciaire, Monsieur Weil, Monsieur Weil, Monsieur Weil. Le temps de regarder autour de soi, de réaliser que les compagnons de wagonnet sont tout aussi tourneboulés, et heureusement, c'est fini, on se retrouve hébété avec sa brosse à dents, on n'a jamais été aussi heureux de regagner la terre ferme.

Retrouver, donc, un minimum de lucidité. Convenir que si l'on réécoutait posément l'interview, par exemple au ralenti, on tomberait certainement d'accord avec la totalité des idées évoquées, intelligentes, courageuses, argumentées, certainement, certainement. Mais renoncer, épuisé d'avance, au relevé exhaustif de ces accords. Ecouter la petite voix de cet épuisement. En conclure, là, tout de suite, les choses étant ce qu'elles sont, et la France le pays des droits de l'homme, qu'il est temps de s'infliger la douce peine du passage en grille d'été. De faire une cure. De se transformer, comme chaque année, en grassematinaute. Pour une durée indéterminée, mais envisagée sans aucune modération. Ce qui n'empêchera pas, comme chaque année, des retours ponctuels surprise. A bientôt. Bonnes vacances à tous. Et au nom du peuple français, merci Madame la ministre.

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