Fabius, jusqu'au bout ... ou presque
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Fabius, jusqu'au bout ... ou presque

C'était drôle, cette première visite d'un poids lourd, Laurent Fabius, sur notre plateau. C'est Julie Guilbault, notre chef de projet, qui est allée le chercher à l'accueil. En montant dans l'ascenseur, il ne savait pas exactement où il était. Je crois qu'il est venu parce que ses collaborateurs lui ont dit que c'était intéressant, qu'il fallait le faire, mais il débarquait totalement.

Après le plateau, dans l'ascenseur du retour, c'était autre chose. Ne tarissant pas d'éloge sur cet entretien dans la longueur, supputant les chances que des expériences comme la nôtre modifient les relations entre politiques et citoyens (rien que ça)."Je viens de réaliser que vous êtes peut-être en train d'inventer une autre manière de parler de politique, de ne pas nous cantonner aux petites phrases de trente secondes, de faire en sorte que l'image n'écrase pas le fond" a-t-il dit à Julie.

Parfait.

A vous écouter, dans les forums du site, vous en êtes très contents, vous aussi, de notre émission avec Fabius. "Très bien !", "enfin on prend le temps d'interroger un politique !", "j'ai découvert un nouveau Fabius", etc.

Re-parfait. Tout le monde est content.

Le problème, c'est que les chiffres des vidéos vues chantent une autre chanson. L'interview de Laurent Fabius est divisée en cinq tranches. Et leur audience décroît à mesure de l'interview.

A l'heure où j'écris, la première vidéo de l'interview avec Fabius a été vue 13 158 fois. La deuxième, 7 987 fois. Et la dernière, 4397 fois. Autrement dit, vous trouvez ça très bien, vous êtes très heureux que nous expérimentions une autre temporalité politique, mais les deux tiers d'entre vous ont abandonné en route.

Je ne vous le reproche pas. On a bien d'autres choses à faire, dans une journée. Donc, on interrompt. On se dit qu'on regardera plus tard. Et on ne regarde jamais la fin.

Mais nous, ça nous pose un problème. Parce qu'on ne travaille pas seulement pour que vous nous disiez que c'est bien, ce qu'on fait, ou que Fabius soit content. On travaille, pour que vous regardiez jusqu'au bout. Si vous ne regardez pas jusqau'au bout, on n'a pas totalement réussi notre coup.

Certes, cette interview aura une durée de vie que l'on peut espérer longue. Dans quelques mois, on atteindra peut-être les 100 000 vidéos vues. Mais il est à craindre que la proportion d'abandons en cours de route reste la même.

Alors, on fait quoi ? On continue nos plateaux "sans durée fixe" ? On fait du montage ?  Allez, les déserteurs. La balle est dans votre camp.

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