Kerviel, Tafta : nos crimes de complotisme
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Kerviel, Tafta : nos crimes de complotisme

Vous savez quoi ? Vous êtes, ici, sur un site de complotisme à deux balles.
 

Si si, c'est une autorité de l'Internet qui le dit : Eolas en personne, l'avocat masqué que nous avons reçu à plusieurs reprises sur notre plateau et qui salue ainsi ma chronique de lundi dernier, sur le cas Kerviel. En vrai, c'est un poil plus tordu : Eolas salue un post de la journaliste blogueuse Aliocha, chef de meute des anti-Kerviel sur la Toile, laquelle m'accuse directement, elle, de me ranger du côté des méchants complotistes de Mediapart, et des défenseurs du trader.

 Je n'ai rien à répondre à Eolas, qui fonde sans doute sa lapidaire appréciation sur une connaissance approfondie du dossier Kerviel mais, s'agissant d'Aliocha (dont le blog est par ailleurs souvent intéressant, et plus nuancé), je la renvoie simplement à ma coupable chronique. Dire que la question (non pas de la culpabilité de Kerviel, établie et ré-établie, mais des raisons pour lesquelles ses supérieurs n'ont rien vu, rien entendu à ses manips) dire que cette question, donc, "reste entière", ce n'est pas me ranger dans le camp des pro-Kerviel. Cela résulte simplement d'un certain nombre de failles des procès, et notamment de l'impossiblité dans laquelle s'est trouvée la Justice d'entendre sereinement ces supérieurs, qui avaient empoché de confortables indemnités de la banque. Circulez, rien à voir ! m'enjoint Aliocha. Si l'un de ces supérieurs a avoué, devant la Cour d'appel, qu'il n'était pas libre de parler, sous peine de devoir rendre l'argent, c'est qu'il a dit "n'importe quoi". Le stress, vous comprenez. Ou la chaleur. Ou la digestion. Circulez. Mais dans ces conditions, pourquoi s'ennuyer à organiser des procès ?

   

Sans doute mis en appétit, le serial twitteur Eolas, quelques heures plus tard dans la journée d'hier (riche journée, décidément), a ouvert contre nous une deuxième information pour complotisme, à propos de la rude enquête, à base d'aspirine, de Sebastien Rochat, sur un vote cryptique du parlement européen. Non sans peine, nous avons réussi à établir les liens entre ce vote et TAFTA. Quand je dis "non sans peine", c'est parce que j'ai vu, pendant deux jours, Sebastien tenter d'arracher le sens de ce vote aux députés et à leur staff, qui eux-mêmes n'y comprenaient pas grand chose. Mais là encore, si je lis bien Eolas, circulez, rien à voir. Le cher Maître, qui lit le Journal Officiel tous les matins, et s'endort chaque soir sur les compte-rendus des débats du Parlement européen, savait tout dès le début, avait tout compris. Sans parler des journaux radios et télévisés, qui ont tous consacré à l'affaire une large place, et de lumineuses explications. Que n'avons-nous pas pensé à l'appeler ?

Non, Monsieur l'avocat-procureur, non Messieurs les jurés, @si ne défend pas Kerviel. @si ne combat pas TAFTA. On tente simplement, pour aider nos abonnés à se faire leur idée, de comprendre nous-mêmes, de creuser sous les gangues accumulées de la paresse, des arguments d'autorité, des polémiques artificielles, des complexités organisées. Sans jamais céder aux injonctions de circuler. D'où qu'elles viennent.

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