A Grenoble, avant l'émission
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A Grenoble, avant l'émission

Le délicieux jeune homme !

"Non, Hénin-Beaumont ne sera pas le laboratoire du FN", assure Steeve Briois, au micro de Frédéric Rivière, sur RFI. "Il n'y a pas de cobayes, à Hénin-Beaumont". Son programme ? Bon sens et compagnie. "Il faut que la culture soit indépendante du pouvoir, on n'est plus un parti de protestation, etc" Et cette phrase magnifique : "quand nos candidats sont bien implantés, ils font de très bon scores". Transmis à Philippe Lottiaux, futur (peut-être) tombeur d'Avignon, qui avouait ne pas connaître la ville. Ou, tiens, à Alexis Jolly, candidat FN à Echirolles (Isère) dont Le Postillon de ce mois-ci raconte l'acrobatique constitution de liste, avec recrutement quasi-forcé de volontaires (enquête très drôle).

Comment, vous ne connaissez pas Le Postillon, "journal de Grenoble & sa cuvette, amour, glaires et beauté" ? Honte sur vous. Je l'ai acheté hier soir (deux euros) au dernier meeting d'Eric Piolle (car, à la différence de Christiane Taubira, je n'ai pas raté mon TGV). Rien à dire sur le meeting. Un dernier meeting de campagne, avec voix cassées, rumeurs alarmées (et si on était trop propres pour gagner ? Il parait que Safar distribue les chèques, etc), et écartèlement entre espoir et sourdes craintes. Un qui craint beaucoup, c'est Raymond Avrillier, lanceur d'alerte "historique" de Grenoble, tombeur de Carignon, et aujourd'hui dernier sur la liste Piolle, comme le raconte Anne-Sophie Jacques dans son dernier reportage. On s'est retrouvés dans le tram, retour du meeting. On s'était vus en 1989 quand, pour Le Monde, j'avais couvert les premiers ennuis de Carignon, ce qui ne nous rajeunit pas. Et, entre la station préfecture et la station gare, s'est organisé un mini-after-meeting, autour de la "grande figure locale", et de son naturel pessimisme. Ras le bol d'être des cobayes(tiens, lui aussi). Ras le bol d'être le mythe de la nouvelle gauche. On a déjà donné, depuis Dubedout. Il en avait gros sur le coeur, Avrillier. Comme s'il ne savait trop que redouter davantage, entre la crainte de perdre sur le fil, et celle de l'amoncellement des écueils en cas de victoire.

N'empêche. Même si, OK, Grenoble n'est pas un laboratoire, même si les Grenoblois ne sont pas des cobayes, les résultats de dimanche nous ont irrésistiblement donné envie d'aller respirer l'air des Alpes, ce que nous avons fait toute la semaine. Et allons couronner dans quelques heures, avec l'enregistrement de notre émission. Je vous laisse, l'équipe piaffe. A tout de suite.

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