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Le Monde épingle les communicants de Macron

Par le - 16h37 - lu

Une com’ cadenassée, des journalistes tenus à l’écart, une parole présidentielle réduite au minimum, pas de off… Dans une enquête parue vendredi dans "M" le magazine du Monde, les journalistes Zineb Dryef et Laurent Telo racontent les pratiques de la com’ façon Macron.


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Quand la plupart des rubricards politiques échangeaient par SMS avec François Hollande, Macron et son équipe ont pris le contre-pied. Avec un leitmotiv : tenir les médias à bonne distance (lire notre enquête sur le premier conseil des ministres), raréfier la parole de Macron et bannir le off et les fuites. Des exemples ? "Il y a cette consœur qu’on plante au pied d’un avion en lui transmettant un horaire de décollage fantaisiste. Celui à qui on promet, semaine après semaine, un «moment avec le candidat» et qui attend toujours."

Pression et boycott

Dans cette stratégie, pas question de laisser paraître une interview sans relecture. A une exception près, rappellent les journalistes. L’entretien "littéraire" que Macron a accordé au responsable des pages culture de L’Obs, Jérome Garcin, et qui sera ensuite repris dans Les Inrocks, conduisant la com' de Macron à qualifier le travail de ces derniers de "travail de sagouin".  (comme le montrait le documentaire Coulisses d'une victoire). Les auteurs racontent : "En confiance, le candidat livre une parole spontanée. Il reproche à François Hollande d’avoir mal mené le débat sur le mariage pour tous. Certains Français –les opposants à la loi– ont été «humiliés», dit-il." Résultat ? Un début de polémique dans les médias et une résolution. "On ne les y reprendra plus".

Quand l’image du candidat est en jeu, l’équipe de com’ du candidat n’hésite pas non plus à durcir le ton. Comme au soir du premier tour. Ce soir-là, au sortir de la Rotonde, Macron se fait interpeller : "La Rotonde, c’est votre Fouquet’s?", demande le journaliste de Quotidien Paul Larrouturou au candidat. "Une question manifestement malvenue. En guise de rétorsion, on lui complique au maximum l’accès au candidat. Quotidien reçoit des menaces de boycottage et des pressions directes", raconte Le Monde. Quant à Yann Barthès ? "l’animateur de l’émission, se fait agonir par Sylvain Fort [le communicant en chef de Macron]: «Gros connard.» «Débile profond» (après lecture le 18 mai, l’intéressé dément le deuxième terme)", précisent les auteurs de l'enquête.

L’équipe de Quotidien n’est pas la seule a avoir dû affronter les remontrances de l’équipe de com’. Le Monde rapporte en effet qu’au soir du deuxième tour, c’est le directeur de l’info de France Télévisions, Michel Field qui, au téléphone, se fait remonter les bretelles par un conseiller de Macron. En cause : la couverture de France 2 qui a diffusé le discours de Mélenchon au lieu de se concentrer exclusivement sur l’élection de Macron.

Celui qui, avec le fondateur d’En Marche, aurait impulsé ce nouveau rapport aux médias selon Le Monde, c’est Ismaël Emelien. Avant de devenir conseiller spécial du nouveau président, il a fait ses classes à 17 ans auprès de Dominique Strauss-Kahn puis chez Euro RSCG. Emelien fait partie de la brochette de communicants pur jus, stratèges précoces,"jeunes gens brillants, sans passé militant" qui, biberonnés au marketing direct, ont construit le rapport à la presse du nouveau président.

L'occasion de lire nos enquêtes : "En souhaitant choisir ses journalistes, l'Elysée fâche la presse" et "Les Inrocks ont-ils vraiment travaillé comme des sagouins ?


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