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Poutou : les éditorialistes de BFM ont détesté "l'irrespectueux"

Par le - 17h03 - suivi

C’est LA séquence qui aura marqué ce débat à onze. Celle qui aura dynamité "les pudeurs de gazelle" de la première manche entre "gros" candidats. Quelques poignées de secondes durant lesquelles Philippe Poutou, le petit candidat anticapitaliste, l’ouvrier sans cravate, punching ball facile de la bande à Ruquier, a soudain dégainé l’arme fatale, le sujet qui fâche, au nez de François Fillon et de Marine Le Pen : les affaires judiciaires.

Fillon, empêtré dans les révélations à répétition : "Fillon, Il est en face de moi, que des histoires, plus on fouille, plus on sent la corruption, plus on sent la triche". Quant au cas Le Pen, rattrapée par les soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires, Poutou a aussi un mot pour elle : "Pour quelqu’un qui est anti européen, ça ne la gêne pas de piquer de l’argent de l’Europe. Et le pire c’est que le FN qui se dit anti-système ne s’emmerde pas du tout, se protège grâce aux lois du système, grâce à l’immunité parlementaire et donc refuse d’aller aux convocations policières". Et lorsque la présidente du FN tente d’esquiver d’un "Ce coup-là, vous êtes pour la police...", Poutou enchaîne du tac au tac : "Quand nous, ouvriers, on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière, désolé, on y va. Le système vous protège tant mieux pour vous".


Ces quelques secondes de télévision, aussitôt devenues virales sur les réseaux sociaux, ont fait la joie de Twitter. Notre Matinaute, lui aussi, s’est délecté ce matin du coup du doux Poutou. En revanche, sur BFM, la sortie du candidat du NPA n’a pas plu aux commentateurs chargés de "débriefer" l'événement. Dès les premières minutes de l’après-débat, journalistes et éditorialistes de BFM n'ont pas manqué de dézinguer Poutou.

"il apostrophait les uns et les autres par leur nom de famille"

Hormis la journaliste Camille Langlade qui a vu Poutou comme "le seul à parler clairement des affaires", la brochette de journalistes-éditorialistes de BFM n’a pas de mots assez durs pour qualifier la prestation du candidat ouvrier. A l’instar de l’éditorialiste politique du Journal du Dimanche Anna Cabana qui s’étrangle: "Je ne trouve pas que Philippe Poutou mérite quelque honneur que ce soit, parce qu’il s’est conduit de façon très irrespectueuse".

Même avis de l’éditorialiste de la chaîne, Bruno Jeudy (reçu il y a quelques semaines sur notre plateau). "Evidemment, il met en difficulté François Fillon et Marine Le Pen", expédie d’un revers de main le rédacteur en chef de Paris Match qui a surtout retenu de Poutou "son comportement tout au long du débat : un candidat qui a, à la fois, un pied dedans, un pied dehors, qui va voir ses supporters pendant le débat, qui refuse d’être sur la photo, qui emploie des mots… quand il parle de la police «qui fait chier les jeunes», je le cite". Verdict de l’éditorialiste : Poutou est "un candidat qui, par moment n’a pas le respect qu’il faut pour être candidat à la présidentielle".

Et ce n’est pas Thierry Arnaud, le chef du service politique de BFM, qui va contredire son collègue, lui qui a trouvé Nathalie Arthaud, "plus construite, plus cohérente, plus solide dans son argumentation". Arthaud, une candidate qui, comparée à Poutou, trouve soudain grâce aux yeux des éditorialistes de BFM. Telle Anna Cabana : "Nathalie Arthaud elle avait de la dignité, une spontanéité, une éloquence". Car Arthaud, elle, "elle était dans son couloir", alors que "Philippe Poutou en revanche il apostrophait les uns et les autres par leur nom de famille, sans même mettre ni madame, ni monsieur, ni un prénom". Horrifiée, l’éditorialiste continue de distribuer les mauvais points: "il s’asseyait derrière son pupitre, se retroussait les manches, se retournait pour parler avec son public, refusait de prendre place sur la photo collective". Et l’éditorialiste d’insister encore sur "l’irrespect dans sa posture" et "l’indignité" du candidat ouvrier "par rapport à la solennité d’un moment comme ce débat présidentiel".


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