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Maroc / fuites : réponses de trois journalistes mises en cause

Par le - 14h56 - suivi

Deux textes pour trois journalistes : à quelques heures heures d'intervalle, mardi 30 décembre, trois journalistes de L'Express, du Point et de Libé ont publié des tribunes, sur le site de leurs medias, pour répondre aux accusations lancées par Chris_Coleman24, le compte Twitter qui diffuse depuis plusieurs mois des mails confidentiels, comme @si l'a amplement raconté. Si toutes trois reconnaissent avoir travaillé pour des publications détenues par un chef d'entreprise marocain, elles assurent n'avoir jamais fait la promotion, dans leurs médias français, du régime marocain. Quatrième journaliste français mis en cause, Vincent Hervouët (LCI) ne s'est pas associé à ces réponses coordonnées.

L'affaire a débuté sur Twitter. Dans un mail, révélé par Chris_Coleman24 et reproduit par @si, l'homme d'affaires marocain Ahmed Charaï, responsable d'un groupe de presse qui édite L'Observateur du Maroc, demande à Mourad Ghoul, directeur de cabinet de la DGED (renseignement marocain) de verser 6 000 euros à quatre journalistes français, dont Dominique Lagarde (qui a travaillé à L'Express entre 1996 et 2013), José Garçon (journaliste à Libé jusqu'en 2007) et Mireille Duteil du Point. Ces 6 000 euros correspondraient au tarif des piges de ces journalistes pour deux publications : Foreign Policy et L'Observateur du Maroc.

Des piges payées par le renseignement marocain ? Joints par @si au mois d'octobre, les quatre journalistes avaient démenti ces accusations. Deux mois plus tard, trois de ces journalistes réitèrent leurs dénégations, tout en reconnaissant avoir travaillé pour les medias de Charai. C'est Dominique Lagarde, sur le site de L'Express, qui a dégainé la première en assurant qu'aucun de ses articles de L'Express "n'a été rédigé sous la pression ou pour obtenir une faveur" et qu'elle n'a "jamais reçu d'argent, ni de cadeau", ni "accepté une seule invitation, que ce soit à titre professionnel ou privé".

En revanche, elle est plus précise sur ses différentes collaborations à des publications éditées par Charaï. Elle a d'abord travaillé pour un pure player marocain, créé en 2002. Selon elle, il s'agissait de "publier, de temps à autre, des posts (brefs commentaires, ancêtres des blogs), au gré de l'actualité". Un travail non rémunéré selon elle, mais visiblement très régulier : @si a retrouvé 19 de ses chroniques, publiées initialement en 2008 sur le site Lobservateur.ma (et aspirées par le site Maghress.com).

Maroc

 

Deuxième collaboration reconnue par Lagarde : elle a travaillé pour la version marocaine de la revue américaine Foreign Policy, dirigée par Charaï. "Trois courts articles au total seront publiés sous ma signature, aucun sur le Maroc", explique-t-elle. Enfin, quand Charaï lui a demandé de collaborer à la version papier de l'hebdomadaire baptisé L'Observateur du Maroc, elle a refusé. "Contrairement à ce qui a été publié ici ou là ces dernières semaines, je n'ai donc jamais écrit dans les colonnes de l'Observateur du Maroc, qui voit le jour en 2008, ni pour le site de ce journal, ouvert dans la foulée. Ce que tout un chacun peut vérifier", indique-t-elle. Des précisions censées invalider le versement de 6 000 euros évoqué dans un mail... daté de 2011.

Machine à salir

Sur le site de Libération, deux autres journalistes mises en cause, José Garçon de Libé et Mireille Duteil du Point, ont également signé une tribune commune pour récuser les accusations de Chris_Coleman24 en qualifiant toute cette histoire de "machine à salir". Dans quel but ? Elles émettent l'hypothèse qu'elles "ne sont qu’une sorte de «produit d’appel» destiné à lancer, grâce à son aspect sulfureux («la corruption de la presse française»)", cette campagne contre le Maroc.

Tout comme Lagarde, Garçon et Duteil reconnaissent avoir travaillé pour Foreign Policy et L'Observateur du Maroc. Ont-elles été rémunérées pour ce travail ? Sans le démentir formellement, elles affirment que leur "production journalistique" au sein de leurs journaux respectifs (Libé et Le Point) "est infiniment plus «parlante» que n’importe quelle déclaration de [leur] part sur le fait [qu'elles n'ont] jamais reçu d’argent ou de cadeaux – comme quelques mails hackés le prétendent - pour faire une quelconque «promotion» du royaume".

La semaine dernière, le quatrième -et le plus largement- mis en cause, Vincent Hervouët (journaliste de LCI et ex-président de l'association de la presse diplomatique) avait partiellement contesté l'authenticité des mails le mêlant à cette affaire, mails dont @si a validé l'authenticité.

L'occasion de lire notre enquête : "Quatre journalistes français auraient été instrumentalisés par le Maroc"


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