Yes, yes, yes : les aveux d'Armstrong (TV US)
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Yes, yes, yes : les aveux d'Armstrong (TV US)

Yes or no ? Yes. Lance Armstrong a enfin reconnu s'être dopé pendant les épreuves du Tour de France entre 1999 et 2005. Diffusée hier soir, la première partie de l'émission spéciale présentée par la journaliste américaine Oprah Winfrey était très attendue par la presse. Véritables aveux ou simple opération de com' pour limiter les poursuites judiciaires ?

De l'EPO ? Yes. Des hormones de croissance ? Yes. Des transfusions sanguines ? Yes aussi. Lance Armstrong a reconnu s'être dopé pour pouvoir remporter les 7 tours de France.

"Je vois cette situation comme un gros mensonge que j'ai répété de nombreuses fois", a-t-il déclaré après répondu brièvement à toute une série de questions.

Un vrai moment de télé picto

Si Armstrong a reconnu s'être dopé, il a assuré que cela "faisait partie du boulot". Sans donner de plus de précisions sur les circonstances exactes de ce que l'Agence américaine antidopage (Usada) avait qualifié de "programme de dopage le plus sophistiqué, professionnalisé et fructueux de l'histoire du sport", Lance Armstrong a déclaré qu'il serait "le premier à frapper à la porte" d'une commission "vérité et réconciliation".

Elle n'existe pas encore mais on voit le but de la manœuvre : enfin collaborer pour limiter les ennuis judiciaires. Car comme le précise Le Monde, "ces aveux exposent Lance Armstrong à des risques de poursuites par le gouvernement américain. Le Texan, qui doit rembourser les primes de course touchées pendant son règne, est déjà menacé par deux procès au civil (par l'hebdomadaire britannique Sunday Times et l'assureur américain SCA Promotions) pour des sommes qui au total dépasseraient 10 millions de dollars et il pourrait maintenant être assailli par d'anciens parraineurs ou partenaires estimant avoir été dupés".

Comment ces aveux ont-ils été accueillis ? Avant même sa diffusion, Le Monde évoquait "une opération de com' de haute volée". Dans sa chronique diffusée sur RMC, et reprise par Lepoint.fr, Hervé Gattegno évoque carrément son "malaise devant cette mise en scène - tout sauf un moment de vérité" car "personne ne peut croire une seconde à la sincérité de la démarche de Lance Armstrong". Et Gattegno d'enfoncer le clou : "Armstrong cherchera toujours à minorer sa faute. Il n'est pas du tout dans une logique de rédemption, ni de confession. Son entourage avait laissé entendre qu'il impliquerait d'autres personnes, mais pour l'instant, il n'en a rien fait. Le système américain pousse au mea culpa parce qu'il permet, en plaidant coupable, d'obtenir la clémence des juges".

"Armstrong passe aux aveux, sans faire toute la lumière" constate également Le Figaro. Pour le spécialiste cyclisme du quotidien, "Armstrong n'a rien livré de ses liaisons". Même constat de Libération : "Il a refusé de mouiller le docteur Michele Ferrari, dont il assuré que «c'était un homme bien». Il a encore affirmé que l'UCI ne l’avait pas couvert, malgré le don de 1 million de dollars fait à l’Union cycliste internationale". Des aveux a minima donc, ne mouillant personne d'autre. Armstrong s'est qualifié lui-même de "connard arrogant" avant d'ajouter qu'il est "plein de défauts" et que maintenant, il en "paie le prix".

(Hayet Sadou, Mireille Campourcy et Sébastien Rochat)

C'est triste pour France 2 et Michel Drucker qui, dans une inoubliable émission, avaient tout fait pour doper l'audience du Tour en déroulant le tapis rouge à Lance Armstrong.

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