Une journaliste exclue d'une visite d'Edouard Philippe à L’Oréal
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Une journaliste exclue d'une visite d'Edouard Philippe à L’Oréal

"De la communication, pas du journalisme"

Une journaliste de France 3 a été exclue de la visite d'Edouard Philippe dans une entreprise L'Oréal de l'Oise. Photographes et journalistes et reporters d'images ont en revanche été acceptés. De quoi faire de belles images, mais pas poser de questions.

"Cela s’appelle de la communication, pas du journalisme". Dans une vidéo postée sur le site de France 3, la journaliste Marie Roussel dénonce son exclusion d’une visite d’Edouard Philippe dans une usine L’Oréal. Vendredi 16 janvier, le Premier ministre avait choisi cette entreprise située à Lassigny (Oise) pour annoncer un plan de protection des entreprises françaises.

Sauf que si la journaliste a bien eu le droit d’assister au discours du Premier ministre "dans une salle avec petits fours", précise-t-elle, elle n’a pas pu, en revanche, suivre la visite de l'usine. Il semble d’ailleurs que tou.te.s les journalistes rédacteurs et rédactrices en aient été exclus, contrairement aux journalistes reporters d’image (JRI), preneurs de son et autres photographes, que l’on peut apercevoir sur la vidéo tournée par France 3. Prendre des images, oui, mais surtout ne pas poser de question, ni à Philippe, ni aux personnes employées par la firme ou à des dirigeants.

Du côté de L’Oréal, un dossier de presse a été distribué aux journalistes, "joli livret sur papier glacé, décrit Roussel, avec plein de photos de rouges à lèvres et de shampooings à l’intérieur". Ainsi que ces lignes : "L’Oréal est un modèle d’excellence sociale et sociétale qui contribue au rayonnement économique de la France dans le monde." De belles images, un dossier laudateur, et un discours, voilà tout ce que dont pouvait parler la presse. Qui s’est d’ailleurs consacrée à retranscrire les annonces de Philippe quant au renforcement du dispositif Montebourg de protection "des entreprises œuvrant dans des secteurs dits stratégiques de l’économie française", comme le relate l’AFP, reprise par Le Point. Le Figaro et Libération ont également rendu compte de ce déplacement sous l'angle des annonces de Philippe.

Y avait-il d’autres choses à écrire sur le sujet ? Des questions à poser en tout cas, pour Marie Roussel, qui aurait aimé parler aux salariés, et leur demander comment ils voient leur avenir. "Ils travaillent de plus en plus avec [...] des co-bots, des robots collaboratifs, explique-t-elle, [...] c’est selon les syndicats une source de stress et d’isolement plus grands." Si la parole de l’institution a bien été communiquée au public, ce ne sera donc pas le cas des travailleuses et travailleurs du site. "Un reporter, c’est celui rend compte, conclut la journaliste de France 3. Or de cette visite, je n’ai rien vu." Rien en-dehors de la salle avec petits fours.

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