Site de jeux : à Trictrac, la pub ne dissuade pas les dons
Brève

Site de jeux : à Trictrac, la pub ne dissuade pas les dons

Le financement participatif et la publicité peuvent-ils faire bon ménage dans la presse d’information spécialisée en ligne ? Pour TricTrac, site de référence dans le monde du jeu de société, la réponse est oui.

En un peu plus d’un mois, TricTrac a réussi un beau tour de force, celui de changer son modèle économique avec succès. Référence dans le monde du jeu de société, ce site d’information qui compte pas moins de 15 à 20 000 visiteurs uniques par jour, a décidé de mettre à contribution sa communauté. Grand bien leur en a pris : 1 000 contributeurs ont déjà donné près de 70€ chacun en moyenne. Et ce avant même qu’un véritable système d’abonnement ou de contreparties ne soit mis en place (prévu pour les mois à venir).

Lassé d’un modèle qui les obligeait à fournir des prestations pour financer le rédactionnel (un peu comme feu Owni), le créateur et administrateur du site, Philippe Maurin ou «Monsieur Phal» comme il se fait appeler, explique qu’il réfléchissait depuis un moment à faire participer sa communauté. Celle-ci a constitué une impressionante base de données d'avis sur les jeux présentés par TricTrac et en échangeant très activement dans un forum. Comme dans le cas du succès fulgurant de Noob: le film, il s’attendait à un soutien, mais pas d'une telle ampleur. "Quand on aura mis en place la version bêta, d’ici quelques jours ou semaines, et qu’on pourra offrir des contreparties comme du contenu en avant première, j’estime que le site pourra alors très bien fonctionner", explique le fond.

Il pourra ainsi continuer à présenter les dernières nouveautés du genre derrière sa barbe imposante, en texte ou en vidéo, mais toujours avec humour comme dans son "Mais quoi qu'est-ce ?".

TricTrac propose des présentations de jeux de plateau en vidéo, souvent de façon décalée picto

monsieurphal2

La pub: "pourquoi s’en passer?"

Pas question pour autant de se priver des revenus publicitaires, qui lui permettront "d’élargir la rédaction en embauchant" pour compléter la petite équipe de 6 personnes, dont seulement deux rédacteurs. Problème : l’intégralité de ces revenus, qui représentent environ la moitié du chiffre d'affaires (350 000€), proviennent d’éditeurs de jeux de société. Evidemment cela pose question sur la liberté de ton du site. "Les lecteurs nous connaissent et savent ce qu’on aime, réplique Maurin. On ne peut pas leur mentir, ils le verraient tout de suite".

Monsieur Phal

Pour impliquer les lecteurs encore plus, une monnaie virtuelle, le « Pouicos», a été mise en place. Elle pourra servir aux abonnés à acheter des privilèges sur TricTrac (contenu en avant-première, suppression de la publicité etc...) mais également à créer des projets de type crowdfunding au sein du site. "Par exemple si tel ou tel reportage nous coûte 1000 ou 2000 euros parce qu’il faut se déplacer, on le proposera aux lecteurs et ils pourront participer ou non à son financement" détaille Monsieur Phal. Là encore, les éditeurs sont concernés puisqu’ils pourront eux aussi acquérir les précieux "Pouicos", et acheter des privilèges, comme la publication anticipée d’un contenu qui concerne leur produit sur TricTrac Tv. Entre financement participatif, publicité et partenariats, Monsieur Phal a donc choisi...de ne pas choisir.

picto "Monsieur Phal" se met en scène sur la page Contact de son site

Par Vincent Coquaz

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