Sarkozy, saison 36
Brève

Sarkozy, saison 36

C'est vrai qu'on nous l'a changé. Prenez cet épisode de sa semaine de thalassothérapie à Monaco

, longuement détaillé dans le compte-rendu de sa garde à vue, mis en ligne sur le site de France Inter. Le Sarkozy des saisons précédentes ne se serait pas caché. On l'aurait vu, tout en montres et en lunettes de soleil, se promener sur le port de Monaco. Le nouveau Sarkozy se cache. Il loue un hélicoptère privé pour se rendre du Cap Nègre à Monaco. Il ne veut pas que ça se sache. Une semaine de thalasso à Monaco : mauvais pour la nouvelle image.  Raté : la photo sera dans Voici la semaine suivante.

La vie est injuste avec Nicolas Sarkozy. Qu'il se précipite, dès son élection, sur le yacht de Bolloré, et l'image de ces ronds dans l'eau lui collera à la peau pendant tout son quinquennat. Mais cette tentative de thalasso clandestine à Monaco lui sera également reprochée. La publication quasi-intégrale du compte-rendu de sa garde à vue dans l'affaire Paul Bismuth nous fait pénétrer, avec des délices de voyeurs, dans l'intimité de la jet set, petites magouilles et vols privés, thalassos et loges d'artiste, avec micros cachés dans toutes les penderies, et Buisson en scaphandre au fond de la piscine. A peine arrivés à Monaco, les Sarkozy appellent le Palais, pour demander s'ils pourront profiter de leur séjour pour saluer le prince. Sarkozy précise à son interlocuteur que Carla tutoie le prince. Pas de chance, le prince est en Californie. Mais on se transmet ses amitiés. Elle démarre bien, la saison 36.

Pour le reste, chacun tirera les conséquences qu'il veut, de ce duel en garde à vue. Sarkozy et Herzog, son avocat-dealer en portables prépayés, ont-ils vraiment tenté de corrompre le magistrat Azibert ? Le procès le dira, puisqu'il y aura vraisemblablement procès (l'affaire étant pour l'heure une des plus solidement étayées contre Sarkozy, comme nous le montrions hier). Pour l'heure, ce retour de Sarkozy, et la poussée d'hypersarkomanie dont cette chronique est finalement encore une manifestation, est la seule bonne nouvelle survenue pour Hollande dans les derniers mois. Le retour du bling bling va fournir à la colère publique une cible plus tentante que le feuilleton des capitulations hollandiennes. Déjà, l'humiliant voyage de Valls à Berlin, pour tenter de fléchir la chancelière, en passe presque inaperçu.

Monaco, Hôtel de Paris

 

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