Pollution : Soumier donne raison aux Décodeurs... mais persiste sur le fact-checking
Brève

Pollution : Soumier donne raison aux Décodeurs... mais persiste sur le fact-checking

Stéphane Soumier toujours vent debout contre le fact-checking.

Le directeur de la rédaction de BFM Business s'est fendu d'un billet de blog intitulé "Note à un factchecker, tigre de papier", contre le responsable des Décodeurs du Monde, Samuel Laurent. En cause : un long papier de Laurent sur la plateforme de blog Medium, dans lequel ce dernier reprochait à Soumier d'avoir relayé un billet du think tank "Les Econoclastes", affirmant que le pic de pollution à Paris la semaine précédente était dû à l'Allemagne. Une affirmation que les Décodeurs se sont employés à démentir (toute l'histoire vous était racontée par @si).

Soumier vs Laurent

Le texte de Laurent, donc, n'a pas plu à Soumier, qui dénonce une "forme d'intimidation numérique" de la part de Laurent. Dans sa "courte bafouille", le directeur de rédaction interpelle violemment le journaliste du Monde dans un paragraphe de "règlement de compte" pour lequel Soumier s'excuse, et explicitement séparé du reste de l'article. Il y traite Laurent de "pauvre tanche" et l'accuse de ne pas savoir ce qu'est "une information, une vraie, et le prix qu'elle coûte".

Dans le reste du texte, Soumier (qui en sus du billet des Econoclastes avait relayé l'article des Décodeurs), l'admet tout de même : "Tu as sans doute raison sur tes particules". Avant d'ajouter : "mais ton premier papier était justement truffé de biais de présentation, et ton contradicteur [l'auteur du billet Nicolas Meilhan, ndlr] les mettait en lumière."

Les "biais de présentation" du fact-checking

C'est ce "biais de présentation" qui intéresse Soumier, qui revient plus généralement sur le journalisme de fact-checking, qu'il critique depuis plusieurs années, et sur les "doutes permanents que l'on peut avoir sur les chiffres [...], non pas sur les chiffres eux-mêmes, mais déjà sur la pertinence de leur utilisation, sur le fait qu'ils suffisent, ou pas, à valider une thèse politique". "Mon cher Samuel, l'interpelle Soumier, va dans une bibliothèque, va lire Deleuze, Foucault, va comprendre qu’une information est une collection de mots d’ordre. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que le choix de ton sujet est un biais (pollution, centrales, nucléaire) [...] que le choix de tes experts est un biais, que la façon dont tu rédiges est un biais, et que ces biais marquent l’ordre social que tu défends. Et oui, j'en défens un autre."

Le directeur de rédaction de BFM Business s'en prend également au concept d'ère de "post-vérité", qui selon de nombreux médias aurait conduit à l'élection de Trump : "Ce «post fact era» dont les jeunes urbains progressistes nous rebattent aujourd’hui les oreilles, n’est rien d’autre qu’un ordre social qui se transforme et je t’assure que dans l’ensemble des «mensonges» de Trump factcheckés par tes confrères américains, j’ai vu moi bien souvent des faits qui témoignaient simplement d’un autre angle de vue". Et Soumier d'interroger la responsabilité des journalistes dans l'élection du nouveau président américain : "Trump a été élu camarade. Et plus le mainstream journalistique redressait ses erreurs, plus il gagnait en popularité. C'est la faute à Facebook ! C'est la faute à Google ! ben voyons. Et l'orgueil de jeunes urbains progressistes qui ont décidé le vrai du faux, ça n'a joué aucun rôle ?"

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