Politiques : le piège de D8
Brève

Politiques : le piège de D8

Ô surprise : un fauteuil de handicapé, c'est large. S'il s'y attendait, le député UMP des Français de l'étranger Thierry Mariani

, ancien ministre des Transports ! S'il a accepté de jouer un handicapé en fauteuil, pour l'émission-buzz de D8 Politiques Undercover, c'est justement pour redécouvrir quelques aspects de la vie en fauteuil roulant. Ô surprise, non seulement c'est large, mais il arrive que ça ne passe pas dans l'étroit espace laissé entre le coin de l'abribus et la portière ouverte du bus à l'arrêt. Qu'à cela ne tienne : le chauffeur du bus, de bonne grâce, ferme sa portière pour laisser passer le fauteuil. Un amour de chauffeur. Après avoir signifié au député et à son accompagnatrice (une vraie handicapée) que le règlement ne lui permettait pas d'embarquer plus d'un fauteuil en même temps, il finit par laisser monter le duo. Bref, tout va bien. Ce qui ne fait pas les affaires de l'émission, laquelle aurait sans doute préféré pouvoir montrer quelques réactions hostiles de valides, pour mieux convaincre le spectacteur de la dureté de la vie en fauteuil.

Heureusement, voici la sénatrice-maire socialiste du huitième secteur de Marseille Samia Ghali, grimée en smicarde blonde, fraîchement divorcée et avec deux enfants à charge, courant les agences immobilières de sa ville, à la recherche d'un quatre pièces de location. Ô surprise ! Impossible d'en trouver un. Comment donc ? Impossible de louer un T4, avec un salaire de 1200 euros ? Est-ce possible ! Tentons une autre agence ! Toujours impossible. Quelle découverte !

Accordons-leur, puisqu'ils le proclament dans les émissions d'accompagnement, que leur démarche -attirer l'attention sur un problème social ou sociétal- est sincère. Accordons à Samia Ghali qu'elle sait parfaitement qu'on ne peut pas louer un quatre pièces, à Marseille, avec un SMIC. Et il est probable, en effet, qu'elle connait les tarifs de location immobilière dans sa ville. Mais pourquoi, alors, accepte-t-elle de surjouer la surprise pendant un quart d'heure ? Ce dispositif est une machine à coincer ses victimes. De deux choses l'une : s'ils découvrent vraiment la réalité dans laquelle on les projette pour quelques heures, alors où donc vivaient-ils auparavant ? Et s'ils la connaissaient, cette réalité, dans quel but cette comédie ? Ce que nous voyons, ce n'est pas la situation d'une mère seule avec deux enfants. Ce que nous voyons, ce sont des politiques inaudibles et désespérés, confirmant les soupçons qui pèsent sur eux, à savoir qu'ils ne savent faire qu'une chose : jouer. Bien joué !

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