Platini / Brésil : Praud retourne son maillot
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Platini / Brésil : Praud retourne son maillot

Pascal Praud ne sait pas sur quel pied danser. Michel Platini, président de l'UEFA, demandait aux Brésiliens de cesser leurs manifestations pour le Mondial 2014, vendredi 25 avril en conférence de presse. Suite à ces déclarations, le journaliste sportif Pascal Praud, tantôt indulgent, tantôt pourfendeur, retourne sa veste du jour au lendemain.

Tout commence avec la phrase "choc" de Platini, vendredi 25 avril. En marge de la conférence de presse centrée sur le calendrier de l'Euro 2016, le président de l'UEFA (Union des associations européennes de football) regrette

les mouvements contestataires qui agitent le Brésil. Avec son franc-parler habituel picto

«Faut absolument dire aux Brésiliens qu'ils ont la Coupe du monde, qu'ils sont là pour montrer la beauté de leur pays, leur passion pour le football et que, s'ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, ce serait bien pour le Brésil et pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après, on ne maîtrise pas, quoi.».

Des mots qui n’ont pas plus choqué que ça, en témoigne le silence des médias le 25 avril et même le lendemain. Mis à part Pierre Ménès via son compte Twitter ou le site de L'Equipe qui a relayé l'info dès le samedi matin.

picto  Le soir même, dans son émission 20h foot sur I-Télé, Pascal Praud diffusait la séquence

Il accueillait ces paroles avec enthousiasme : «Ce qui est formidable avec Platini, c’est qu’il a toujours son franc-parler, il dit ce qu’il veut comme il veut».

La séquence passée, son collègue, le journaliste François Pinet, lui fait remarquer que « c’est un peu honteux quand même, personnellement, de demander aux gens de ne pas manifester juste pendant la Coupe du Monde, alors que les Brésiliens on sait pourquoi ils manifestent, pour une bonne raison».Ce à quoi Praud rétorque, tout sourire: «c’est votre avis, mais il y a une forme de bon sens dans ce qu’il dit, François, qu’il faut entendre». «Ah bon?» s’étonne Pinet, avant que Praud passe rapidement au sujet suivant. 

Stupéfaction! Le lendemain matin (samedi 26 avril), Pascal Praud écrit une tribune enflammée sur le site du Point, fustigeant les dires de Platini. Changement de ton radical, comme le résume le chapeau du papier: «Avec un mépris insensé, Michel Platini a dénoncé les manifestations qui perturbent l’organisation du Mondial. Personne ne s’en émeut? Bizarre, non?». Tout au long de sa tribune, il se montre très cynique à l’égard de l’ancien milieu de terrain:

« Michel Platini a raison. Qui sont ces gueux qui menacent la compétition ? Qu'ils retournent dans leur bidonville ! Et s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche. Rio vaut bien une messe. Qui sont ces va-nu-pieds qui dénoncent les investissements du foot ? Rien n'est plus important qu'un ballon qui roule. Le Brésil, c'est le folklore, Copacabana, une carte postale, un monde magique, des plages et des filles. S'il vous plaît, rangez vos pancartes et faites la fête. On vous a choisis pour ça. C'est un ordre. Souriez, dansez chantez. La Fifa vous regarde». L’indulgence de la veille laisse place à la violence des mots.

Le même Praud récolte les lauriers de son audace quelques jours plus tard, dans une interview pour le Point.fr. L’intervention du journaliste sportif est résumée de façon très éloquente: «Rares sont les médias qui lui ont emboîté le pas... Depuis, la twittosphère et nos internautes se déchaînent contre le sportif tout en saluant le courage et la lucidité de notre journaliste».

Praud explique le silence des médias de façon rationnelle: «quand on attaque Platini, on prend le risque de se couper de lui. Il n'a pas l'habitude d'accorder des entretiens à ceux qui l'ont critiqué ou qui ont remis en cause sa parole. Or, peut-être que quelques grands médias n'ont pas envie de se couper du président de l'UEFA». Soit la position qu’il avait lui-même adoptée dans un premier temps, au soir du 25 avril, sur le plateau du 20h foot.

Et quand on lui demande si Platini s’excusera, il répond: «Platini est un instinctif. […]. Il parle comme une rock star, sauf qu'il représente une institution. C'est peut-être dans ce hiatus que se niche la contradiction entre l'homme et la fonction qu'il exerce». Vous avez dit contradiction?

Les chroniqueurs médias de Pascal Clark en parlaient ce matin sur France Inter picto

Clark rappelle qu'une énième émeute a eu lieu, encore hier, à Sao Paulo, entre SDF et policiers. Mais Chut ! "Surtout ne le dîtes pas à Platini", plaisante-t-elle.

Un nouvel élément pour notre dossier : "Foot : fantasmes tous terrains"

Par Marion Saive

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