Musulmanes de France : Saima Ashraf répond à Manuel Valls (L'Obs)
Brève

Musulmanes de France : Saima Ashraf répond à Manuel Valls (L'Obs)

Elle avait

témoigné avec d'autres musulmanes dans le New York Times sur la stigmatisation des femmes voilées en Europe. Un article vivement critiqué par Manuel Valls dans une tribune parue le 6 septembre. Une semaine après, Saima Ashraf répond aux questions de L'Obs. Cette Française de 39 ans est aujourd'hui maire adjointe du district de Barking & Dagenham de Londres. Dans son témoignage pour le New York Times, Ashraf racontait : "Je travaille dans l'administration locale, je suis adjointe au représentant de mon quartier et je porte le voile. Si j'étais en France, cela ne serait jamais arrivé".

Interview de Saima Ashraf, 12 septembre 2016 (L'OBS)

Une affirmation qu'Ashraf développe dans son interview à L'Obs parue hier. Elle vit depuis onze ans à Londres, où elle s'est engagée au parti travailliste, le Labour. Elle a été élue conseillère municipale en 2010, puis réélue en 2014. Elle s'occupe désormais des questions liées aux communautés et à l'engagement social. Un parcours politique qu'elle n'aurait jamais pu avoir en France, selon elle : "Si on ne peut même pas travailler dans un magasin alors qu'on est voilée, comment voulez-vous prétendre à des fonctions politiques ?". À Londres, elle est "perçue comme tout le monde", raconte-t-elle, avant d'ajouter plus loin : "C'est assez rare qu'on me demande ici pourquoi je porte le voile."

"Regards changés et langues déliées, des musulmanes évoquent l'Europe d'aujourd'hui"
New York Times, 2 septembre 2016

La semaine dernière, @si vous en parlait, Valls publiait une tribune sur le site du Huffington Post, dans laquelle il accusait la journaliste du New York Times de ne pas donner la parole à "l'immense majorité des femmes musulmanes qui ne se reconnaissent pas dans cette vision ultra-rigoriste de l'Islam". En réponse Ashraf appelle le Premier ministre à "ne pas créer de division", regrettant "ses commentaires très provocateurs". Elle reconnaît qu'il y a "un travail à faire des deux côtés", c'est-à-dire de la part des musulmans mais aussi de l’État français, pour une plus grande intégration. Et que ce travail doit aussi avoir lieu au Royaume-Uni. Mais elle reproche aux "politiques français" de "mettre des blocages partout, au lieu de trouver des solutions pour traiter le problème [de l'intégration, ndlr] à la racine".

Et le burkini, est-ce une "provocation", comme l'affirmait Valls ? "Dans toutes les religions, les choses ont évolué, rétorque Ashraf, et Monsieur Valls devrait peut-être s'intéresser aux livres d'Histoire : des chrétiennes portaient le voile autrefois. Il faut donner le temps aux gens, il faut les aider à évoluer et non les forcer. C'est cela le problème en France aujourd'hui. On n'a pas laissé les gens s'intégrer, on les a forcés à être assimilés".

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