"Montpellier journal" visé par deux plaintes d'un élu du Parti de gauche
Brève

"Montpellier journal" visé par deux plaintes d'un élu du Parti de gauche

"Le maire de Grabels (Hérault) et vice-président de la métropole de Montpellier voudrait-il faire taire un site qui visiblement le dérange ?"

René Revol (Parti de gauche) a annoncé lundi qu’il allait poursuivre au civil le directeur de la publication de Montpellier-journal.fr, Jacques-Olivier Teyssier, pour diffamation et au pénal pour dénonciation calomnieuse. Le maire de Grabels (7 000 habitants, limitrophe de Montpellier), reproche au site indépendant (sur abonnement) deux enquêtes : l’une sur les accusations de corruption passive visant René Revol dans le cadre d'octroi de permis de construire, l’autre sur ses liens avec un entrepreneur du bâtiment de la ville.

Montpellier journal avait publié en 2010 une enquête sur le budget publicité des collectivités territoriales, véritable perfusion pour certains journaux

Lors du conseil municipal de lundi (dont Montpellier journal diffuse des extraits), René Revol s’est surtout montré remonté contre la reproduction de ces articles, remis en page par une personne anonyme et diffusés dans les boîtes aux lettres de Grabels.

Dans le premier article, daté de décembre 2014, Montpellier journal revient sur des permis de construire que Revol a accordés à la société d’un certain Abdelhakim Nacer. Ce dernier accuse le maire de corruption passive (versement d’une somme à une association en l’échange de l’octroi du permis de construire), mais a été condamné pour diffamation (ce que précise bien l’article de Montpellier journal, contrairement à ce qu'indique Revol lors du conseil municipal). Autre point de débat : Montpellier journal s’interroge sur le fait que René Revol aurait octroyé ces permis de construire sur une zone qu’il savait inondable.

Dans la seconde enquête, Montpellier journal a révélé que Revol "a pris deux décisions d’urbanisme sur sa commune qui ont conduit à faire un cadeau, volontaire ou pas, au patron d’une entreprise grabelloise de ravalement", alors que ce même entrepreneur a reconnu avoir donné "un coup de main" lors de la campagne municipale de 2008 au maire de Grabels.

"Il ne m'a jamais précisé où j'aurais pu me tromper"

Contacté par @si, le directeur de la publication de Montpellier Journal Jacques-Olivier Teyssier confirme qu’il a appelé le maire pour qu’il puisse donner sa version pour les deux papiers (et Revol est effectivement longuement cité dans les papiers en question). "Pour un des articles, il s’apprêtait à s’expliquer, puis il m’a raccroché au nez. Une autre fois, il a exigé que je reproduise intégralement ses propos, mais ce n’est pas mon rôle. Après publication, il me parlait d’erreurs, donc je lui proposais de corriger. Mais il ne m’a jamais précisé où j’aurais pu me tromper… ", indique par ailleurs Teyssier. @si a également essayé de joindre René Revol, sans y parvenir.

René Revol a déposé une quatrième plainte contre X visant les personnes qui auraient informé Jacques-Olivier Teyssier. Comprendre : ses sources. Ce qui pourrait bien être un problème pour Montpellier journal : ainsi que nous l'explique Teyssier, le site ne dispose pas d’un numéro de commission paritaire, et n’emploie pas de journalises détenteurs de la carte de presse (une première demande est actuellement en cours, selon lui). Malgré son nom, la justice pourrait donc considérer Montpellier journal comme un blog et non pas comme un média. Or en 2013, les députés avaient refusé d'étendre la protection des sources aux blogueurs.

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