Merkel "éprise d'un empoté" (presse allemande)
Brève

Merkel "éprise d'un empoté" (presse allemande)

"Merkel s'est éprise d'un empoté", écrit Die Welt. Le quotidien allemand, comme d'autres journaux, et l'opposition, porte un regard critique sur le soutien apporté par la chancelière à Nicolas Sarkozy, après leur prestation télévisée commune sur France 2 et la chaine publique allemande ZDF.

"Le couple franco-allemand fait l'objet d'une double page dans Die Welt, mais le titre est assassin : «Comment Merkel s'est éprise d'un empoté», souligne le site de la radio internationale allemande Deutsche Welle. Longtemps, explique le quotidien, la chancelière n'a pas aimé Nicolas Sarkozy. On dit même qu'elle s'était préparée à leur première rencontre en regardant un film de Louis de Funès. Cinq ans plus tard, Angela Merkel déclare qu'elle soutient «sur tous les plans» le président français et rompt de ce fait avec la tradition de non-ingérence dans la politique intérieure d'un pays ami."

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle a appelé l'Allemagne à "la retenue", remarque l'AFP. "«Je conseille à tous les partis allemands une certaine retenue respectueuse dans la campagne électorale française», a déclaré le chef de la diplomatie après une rencontre avec son homologue hongrois, Janos Martonyi, à Berlin. «Je ne crois pas qu'il soit judicieux de transposer les disputes partisanes allemandes dans la campagne électorale française et le gouvernement n'est de toute façon pas un parti dans la campagne électorale française», a-t-il ajouté."

Le dirigeant du Parti social-démocrate (gauche) Sigmar Gabriel, a lui jugé "plutôt pitoyable" la prestation commune des deux dirigeants."

Dans sa revue de presse, le site de la Deutsche Welle signale que d'autres journaux sont sévères : "Die Tageszeitung s'insurge contre une proposition des deux dirigeants dans la crise grecque : la création d'un compte bloqué destiné au remboursement de la dette. Ce plan, estime le journal, signifie l'humiliation maximale pour les Grecs qui devraient abandonner leur souveraineté budgétaire. «Pourquoi Angela Merkel et Nicolas Sarkozy réclament-ils de telles absurdités ? La réponse est banale : Sarkozy est en campagne électorale et un peu de populisme ne fait pas de mal.»"

Quant au Süddeutsche Zeitung, il juge que : "La chancelière s'engage dans une «stratégie risquée». En misant tout sur Nicolas Sarkozy, qui n'est pas vraiment bien placé dans les sondages, Angela Merkel prend l'énorme risque d'agacer le futur président potentiel, François Hollande. Il faut dire que le candidat socialiste est un danger ambulant pour la politique européenne d'Angela Merkel puisque, contrairement à elle, il refuse l'austérité et veut relancer la croissance."

"C'est une insulte qu'en tant que chancelière, elle ne soit pas prête à recevoir son adversaire (le socialiste François Hollande) à Berlin, comme cela a toujours été l'usage, écrit Thomas Meyer, dans la page Commentaires du quotidien autrichien Der Standard. Mais ce qui est quasi répugnant c'est de voir comment les deux membres du couple instrumentalisent la crise grecque pour des slogans conservateurs. Merkel, membre d'un parti de même orientation, et Sarkozy qui se traine à ses pieds doivent être bien paniqués pour en venir à de telles extrémités. (…) La chancelière redoute que sa dictature de l'austérité en Europe prenne fin si Hollande s'installe à l'Elysee en mai. Mais cette affaire revêt également un nouvel aspect intéressant: clairement, la politique européenne est devenue politique intérieure, et inversement - et ce au sommet de l'Etat."

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