"Merci Patron !" : censure au Parisien (syndicats)
Brève

"Merci Patron !" : censure au Parisien (syndicats)

Les journalistes du Parisien ont reçu pour consigne de ne rien écrire sur Merci Patron !, le documentaire de François Ruffin qui épingle le milliardaire Bernard Arnault, propriétaire - à travers son groupe LVMH - des Echos et... du Parisien.

Les syndicats SNJ, FO, SNJ-CGT et la SDJ du Parisien signent un communiqué commun (reproduit ici dans son intégralité par Acrimed) pour dénoncer la décision "assumée" du directeur des rédactions du quotidien, Stéphane Albouy, de ne pas évoquer le film dans les colonnes du journal.

Les syndicats racontent comment la direction des rédactions a refusé, à deux reprises, que le film soit mentionné. D'abord dans les pages "culture", puis dans les pages "politique" : "Ordre a été donné aux confrères du service culture-spectacle qui avaient visionné le long métrage de ne pas le chroniquer, fut-ce en 10 lignes. De même a été repoussée plus tard une proposition de sujet du service politique sur le buzz suscité à gauche par le film sous prétexte qu’il s’agissait «d’un sujet militant», «et qu’il y avait d’autres sujets prioritaires ce jour là»."

nouveau media

Autre argument avancé par Stéphane Albouy pour refuser à ses journalistes de parler du film : le procédé. Dans Merci Patron !, François Ruffin filme longuement en caméra cachée (mais en le floutant) le "monsieur sécurité" de Bernard Arnault, reçu par Serge et Jocelyne Klur, un couple d'ouvriers licenciés par une filiale de LVMH. Un "procédé déloyal, malhonnête qui a instrumentalisé les Klur", selon Albouy. L'argument laisse sceptiques les syndicats du journal : "Faudra-t-il donc désormais passer sous silence toutes les enquêtes menées en caméra cachée ou sous couvert d’anonymat de type Cash Investigation ? Si le procédé est à condamner, Le Parisien doit avoir la liberté de le dire et d’interroger ce fait."

nouveau media

Le réalisateur de Merci Patron ! Français Ruffin sur le plateau d'@si, le 19 février

Le directeur des rédactions a assuré à la délégation de syndicats n'avoir reçu aucun ordre "d'en haut" afin de ne pas parler du film, mais avoir fait ce choix lui-même. "Nous le croyons volontiers, commentent les rédacteurs du communiqué. C’est justement le principe de l’autocensure que de rendre inutiles les pressions, en anticipant la conduite supposément attendue."

L'occasion de revoir notre émission sur Merci Patron ! avec le réalisateur (et directeur de Fakir) François Ruffin et l'économiste Frédéric Lordon : "Mes inspirateurs ? Michael Moore et Lafesse", ainsi que notre revue des critiques du film par la presse le jour de sa sortie.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.