Loppsi, un vote sous surveillance
Brève

Loppsi, un vote sous surveillance

Le texte qui fait hurler de nombreux internautes a été adopté à l'Assemblée nationale, sous les regards du net français.

En fin de matinée, les députés ont voté l'article 4 de la Loppsi, la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, en discussion depuis mardi.

Cet article, qui n'est qu'un des points d'un vaste projet de loi visant à "moderniser" les moyens des forces de l'ordre à coups de scanners corporels, de vidéosurveillance ou de couvre-feu pour les mineurs (les détails sont par exemple sur les sites du Nouvel Observateur et de Libération), prévoit notamment le filtrage des sites "pédopornographiques" et est au cœur de débats forcenés sur le web depuis des mois.

Certains voient notamment dans la Loppsi, qui instaure aussi un délit d'usurpation d'identité sur le net, la traduction de la volonté gouvernementale de contrôler les réseaux et d'y brider la liberté d'expression. Plusieurs sites internet suivent donc en direct ou en temps quasi-réel les débats parlementaires : LeMonde.fr et LePost utilisent le "live-blogging", comme naguère @si pour la loi Hadopi. Et Numerama.com, clairement engagé dans la lutte anti-Loppsi, publie plusieurs articles par jour sur le sujet.

A noter : pour rendre compte des débats, Lepost a souhaité s'associer avec le collectif Regards Citoyens, qui s'est fait connaître avec le site NosDeputes.fr, où il surveille le travail des élus, et dont nous avons déjà invité un représentant sur le plateau de ligne J@une. Problème, signale LePost, L'Assemblée a refusé d'accréditer les membres de Regards citoyens comme des journalistes : "Leur tort: ce sont des "blogueurs". Nous avons eu la naïveté de le préciser dans notre demande. Ainsi que le service de presse nous le répète depuis, cela veut dire qu'ils ne sont pas "journalistes professionnels"... On leur refuse donc l'accès à la tribune de presse. "Ils peuvent suivre les débats dans la tribune réservée au public, ou suivre les débats retransmis en vidéo par l'Assemblée", nous répond-on." Or, seule la tribune de presse est équipée d'un accès Internet. Les journalistes disposent par ailleurs d'une autre salle offrant des connexions en-dehors de l'hémicycle.

Le collectif regrette ce refus : "Nous nous sommes dit qu’être présents en tribunes publiques apporterait une vraie plus-value. Le flux vidéo des débats de l’Assemblée permet de suivre les orateurs mais pas d’observer le reste des députés ni d’évaluer les enjeux de chaque vote : être présent physiquement est le seul moyen de voir si des députés sont remontés et s’ils viennent par intérêt pour les débats ou juste pour préserver les équilibres politiques. La meilleure couverture que nous pouvions apporter au Post.fr aurait donc été de rapporter le déroulement des débats en direct depuis les tribunes, avec Twitter par exemple." Finalement, le compte-rendu a pu se faire, les rédacteurs de Regards Citoyens suivant les débats depuis les tribunes accessibles au public et s'éclipsant tous les quarts d'heure pour alimenter leur page internet et leur compte twitter.

Et pour savoir ce qui déplaît aux internautes dans ce texte de loi, relisez donc notre article du mois de juin, qui faisait le tour du problème.

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