Les esclaves de l'île du Bonheur...
Brève

Les esclaves de l'île du Bonheur...

... ou l'enfer des chantiers d'Abou Dhabi

Sur l'île de Saadiyat (l'île du Bonheur) à Abou Dhabi se construisent un musée du Louvre, un musée Guggenheim, un campus de l'université de New York, quelques hôtels, résidences et restaurants de luxe, sans oublier une poignée de terrains de golf. Luxe, calme et volupté à tous les étages, telle est la promesse. Cependant, tout n'est pas si rose dans l'île du bonheur. C'est ce que raconte Molly Crabapple en texte et en dessins, dans un reportage qui vient de paraître sur le site Vice.


Slaves of Hapinness Island - Abu Dhabi and the dark side of high art
(Les esclaves de l'île du Bonheur - Abou Dhabi et le côté sombre du grand art), tel est le titre du long article illustré de Molly Crabapple qui raconte la vie infernale des ouvriers immigrés sur les chantiers de l'île de Saadiyat. On découvre ainsi :

Tarik, un Pakistanais qui travaillait dans le textile et rêvait de devenir grutier, qui a payé près de 1 800 dollars pour avoir le droit de travailler sur le chantier du Louvre et n'a pas fini de rembourser sa dette ;

Ibrahim, qui vit comme tous les autres ouvriers dans un camp planté au milieu du désert très loin de la ville sans aucun moyen de transport ;

Mansoor, un ingénieur qui passa huit mois en prison pour avoir ouvert un site ouèbe ;

Vijay, un Indien envoyé par ses parents à Abou Dhabi en 2004 qui travaille parfois de 7 heures du matin à minuit sur le chantier du musée Guggenheim, sept jours par semaine.

Les ouvriers immigrés composent 90% de la population d'Abou Dhabi. Parfois ils se mettent en grève, et la répression est sévère. Parfois aussi, ils sont victimes d'accidents. Quand, en février 2014, le Guardian demanda à l'architecte Zaha Hadid de s'exprimer à propos des 882 ouvriers morts sur le chantier de son Performing Arts Centre en cours de construction sur l'île de Saadiyat, elle répondit : « Ça ne fait pas partie de mon travail d'architecte de m'occuper de cela. » Luxe, calme et volupté…

Quelques illustrations de Molly Crabapple :

Un marché clandestin où des ouvriers s'improvisent
commerçants après leurs heures de boulot

Coiffeurs en plein air à Workers City 2

Ouvriers en quête d'ombre sous un car

 

L'article de Molly Crabapple sur le site Vice est lisible (en langage grand-breton only) par ici.
Le site de Molly Crabapple est visible par là.

 

L'occasion de lire ma chronique intitulée Des émirs, de l'art et des dollars.

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