Le Point attaque ASI : le débat se poursuit (sur Twitter)
Brève

Le Point attaque ASI : le débat se poursuit (sur Twitter)

On en sait (un peu) plus sur les motivations du Point qui attaque Arrêt sur Images.

Comme @si vous le racontait (stupéfait) jeudi 24 décembre, Le Point a porté plainte contre @si pour "injure publique", suite à une chronique d’Alain Korkos sur une couverture de l’hebdomadaire de François Pinault.

Depuis, le directeur de l’hebdo, Etienne Gernelle, a donné quelques éléments, sur son compte Twitter. Oui, c’est la comparaison entre le titre du Point "Les Arabes" et celui du journal antisémite Je suis partout "Les Juifs", qui a motivé la plainte. Pour le reste, Gernelle renvoie à son "édito de l’époque". Un édito où il estimait "qu’au fond, ces procureurs au petit pied [nous, ndlr] ne comptent pas", lui fait remarquer un twittos. Alors, @si compte ou ne compte pas ? "Pas vraiment. Mais il y a des choses qu'on ne peut pas laisser passer", conclut le patron du magazine.

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FOG avec @si ?

Mais si la meilleure défense d’Arrêt sur Images, venait en fait de… Franz-Olivier Giesbert, ex-directeur de publication et éditorialiste du magazine ? Dans une chronique titrée "Pour Eric Zemmour", repérée sur Twitter par le journaliste de Politis Sébastien Fontenelle, Giesbert fustigeait en effet il y a quelques années la "judiciarisation du débat public".

Giesbert

L’éditorialiste revenait ainsi début 2011 sur le procès d’Eric Zemmour, alors jugé (et condamné en première instance) pour incitation à la discrimination raciale après avoir justifié la discrimination à l’embauche et estimé que "la plupart des trafiquants sont noirs et arabes". "FOG" ironisait sur le fait qu’au "train où vont les choses, la maréchaussée verbalisera bientôt, jusque dans les cafés, les propos jugés non conformes". Pour lui, cette affaire sonnait surtout "le glas de quelque chose qui nous est cher mais dont la bien-pensance fait apparemment peu de cas : la liberté d'expression". "Eric Zemmour a été déclaré coupable de provocation à la discrimination raciale et condamné, vendredi dernier, à 2 000 euros d'amende avec sursis et plus de 10 000 euros de dommages et intérêts. Un jugement qui fait froid dans le dos. Etait-ce à la loi de lui claquer le beignet ?" s’interrogeait le directeur de publication du magazine.

Fontenelle rappelle également qu’en mars 2015, le même hebdo consacrait un hors-série entier à la liberté d’expression et "à ses héros". Le magazine déplorait que "parler [puisse] être sanctionné" et que "paré des meilleures intentions du monde, le «politiquement correct» crée l’autocensure, en jouant sur les émotions et le sentiment de culpabilité". Oui, le même magazine qui neuf mois plus tard refuse à @si la liberté de chroniquer.

Lib

certains journalistes réglaient leurs différends sur le pré

Dans un édito publié hier, c’est enfin le directeur adjoint de la rédaction de Libé, Johan Hufnagel, qui a pris position dans ce débat. En rappelant qu’à une époque "certains journalistes réglaient leurs différends sur le pré" comme en atteste "la vidéo du duel entre Henri Chervet et Léon Daudet (1911) sur YouTube", Hufnagel estime surtout que si "la critique est évidemment critiquable, la liberté du chroniqueur doit être totale". Il note au passage que le fait pour un journal d’en attaquer un autre pour "injure publique" est un fait rare. Et pour cause : si des journaux ont déjà été jugés ou condamnés pour injure publique (comme Libération, ou le journal des élèves d’un lycée de Vendôme par exemple), et que des journaux ont même fait condamner des particuliers pour le même motif (comme L’Equipe par exemple), @si n’a pas retrouvé trace d’un cas où la plainte provenait d’un journal et en visait un autre. Une jurisprudence Le Point ?

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