Le Parisien contre le blog "The Parisienne"
Brève

Le Parisien contre le blog "The Parisienne"

"The Parisienne" versus "Le Parisien".
La blogueuse "The Parisienne" a été assignée en justice "pour contrefaçon" par les propriétaires du journal Le Parisien, selon NextINpact. Le quotidien réclame pas moins de 20 000 euros de dommages et intérêts à la blogueuse. L’utilisation de ce nom constituerait une contrefaçon de "La Parisienne", du nom d'un des magazines proposés en complément du quotidien. Un peu similaire dans la ligne éditoriale, le blog "The Parisienne" présente les choix de la blogueuse Nathalie en matière de restaurants, boutiques, promenades dans Paris. L'assignation a été envoyée à la blogueuse en mai dernier, mais celle-ci n'en parle que maintenant sur son blog.

La blogueuse raconte avoir reçu "il y a quelques mois" un courrier de mise en demeure, à l’issue duquel elle s’est rapprochée du Parisien afin d’essayer de trouver une solution. "Naïve, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un malentendu et j’ai tenté de prendre contact directement avec le journal pour discuter, voir comment régler tout ça. Comment un journal pourrait-il penser une seconde que le blog individuel d’une parisienne amoureuse de sa ville pourrait être une tentative de copie d’un quotidien parisien, et de son armée de journalistes ?! (...) Alors j’ai tenté une prise de contact, imaginé que le bon sens l’emporterait. Que neni.Ma proposition a été balayée d’un revers de main, et on m’a sommée de prendre un avocat. Prendre un avocat ? Toute cette histoire est surréaliste ! Et qui paierait pour cet avocat ? Et pour me défendre pour quelle faute commise ? J’ai donc ignoré la mise en demeure, plusieurs mois ont passé, et c’est l’assignation qui est arrivée." Le Parisien demande l'abandon de l'URL avec "The Parisienne", son transfert à la SAS Le Parisien libéré, et une somme de 20 000€ pour dommage et intérêts. Le délit est puni de trois ans de prison et de 300 000 euros d’amende.

Une question se pose : quelle "Parisienne" a existé en premier? Au Parisien, on souligne que "La Parisienne" a existé dès 2003, pour un supplément spécial pour la journée des Droits des Femmes. On constate effectivement sur l'INPI que la marque "La Parisienne' a été déposée en 2003. Le supplément La Parisienne a ensuite été abandonné puis a repris en 2008 pour paraitre tous les premiers samedis du mois selon Wikipédia. Le blog, de son côté, a été "créé il y a cinq ans", donc en 2009.

Du côté du Parisien, on souligne qu'une première prise de contact a été effectuée il y a un an, "à laquelle la blogueuse n'a pas donné suite". "Nous l'avons assignée pour la faire réagir", explique une juriste du Parisien. "Nous sommes toujours ouverts à une négociation. l'assignation ne veut pas dire que nous irons jusqu'au bout". Jean Hornain le directeur général du groupe, explique au Monde : "Nous ne sommes pas les gens les plus agressifs. On défend nos marques parce qu'on en vit". L'assignation ne veut pas dire que le dialogue est rompu. Concrètement, la démarche "amiable" pourrait déboucher sur plusieurs possibilités, dont celle d'une licence de marque par laquelle Le Parisien autoriserait le blog à se servir du nom, de façon payante ou éventuellement gratuite.

La blogueuse s'insurge que Le Parisien s'approprie un nom de la langue courante, utilisé par des dizaines de publications. En effet, le mot "parisienne" est associé à une course à pied, une assurance-moto, un restaurant, une chanteuse, souligne le Monde. La blogueuse a expliqué sur L'Express.fr que grâce à son blog, elle a "créé son agence de communication digitale et relation e-influenceurs" et lancé "un concept unique pour permettre aux e-influenceurs et aux marques de se rencontrer et de raconter ensemble leur e-story: les soirées e-Parisiennes".

The Parisienne a lancé une mobilisation sur les réseaux sociaux, appelant à la soutenir sur Twitter avec le hashtag #jesuisparisienne. "Si vous souhaitez vous aussi que les parisiennes et les parisiens puissent librement utiliser ces deux termes pour raconter leur passion pour leur ville, criez le avec moi, hommes et femmes confondus, sur tous les toits du numérique : #jesuisparisienne", écrit-elle. Le Tweet dans lequel elle a annoncé l'assignation a été retwitté plus de 1500 fois en 24 heures.

Nous avons contacté la blogueuse qui n'a pas donné suite.

L'occasion de lire notre article sur une autre blogueuse attaquée (et condamnée), par un restaurateur mécontent.

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