Facebook / absence de danger. A Beyrouth : "et nous ?"
Brève

Facebook / absence de danger. A Beyrouth : "et nous ?"

Et nous ? Comme le signale le correspondant du Monde à Beyrouth, l’amertume a suivi l’indignation provoquée par les attentats de Paris au Proche-Orient. Sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants et notamment au Liban regrettent que l’attentat commis dans la banlieue sud de Beyrouth jeudi dernier – et qui a fait 43 morts – n’ait pas suscité les mêmes réactions que pour les attentats de Paris. Parmi les regrets : le fait que Facebook n’ait pas activé le bouton d’absence de danger qui permet de signaler à ses amis que nous sommes en sécurité.

Deux poids deux mesures ? Selon le correspondant du Monde à Beyrouth, alors que la condamnation des attentats de Paris est relativement unanime au Proche-Orient, de nombreuses voix s’élèvent pour regretter une différence de traitement entre les attaques de Paris du 13 novembre et les attentats de la veille commis à Bourj El-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, qui ont fait 43 morts. Parmi les regrets : le fait que Facebook n’ait pas déclenché le bouton d’absence de danger ("safety check" en anglais) afin de signaler à ses "amis" que nous sommes en sécurité. Ce bouton est apparu sur le réseau social suite aux fusillades dans les rues de Paris comme nous le racontions ici.

Facebook Beyrouth Le Monde

"Ce pourrait être très utile pour Beyrouth et le monde arabe aussi. Au Liban, nous avons eu plus de 20 explosions et attaques depuis 2014 et au moins dix d’entre elles visaient des civils", écrit le blogueur libanais Blogbaladi cité par Le Monde. Un autre blogueur libanais, Joey Ayoub, regrette également que cette fonctionnalité n’ait pas été mise en place : "à nous, on ne crée pas de bouton sur Facebook" écrit-il avant d’ajouter : "mon corps n’intéresse pas le monde. La plupart d’entre nous continuent à être exclus des préoccupations dominantes du «monde»". Même ressentiment de la part de Yazan Al-Saadi, journaliste syrien installé à Beyrouth, qui souligne "une forme de dépit face au relatif silence de l’Occident sur nos souffrances, en Syrie, en Palestine ou en Irak". Et de poser la question : "n’y aurait-il des êtres humains qu’à Paris ?"

Réplique immédiate de Mark Zuckerberg selon Le Monde : "samedi 14 novembre, le fondateur et PDG de la compagnie a déclaré sur son propre compte avoir pris en compte ces critiques «légitimes». Il a annoncé que la fonction «Safety check», inventée pour les situations de catastrophes naturelles, sera désormais disponible dans les cas de «désastres humains»".

>> Lire aussi notre article sur le 13 novembre : comment les medias gèrent "le plus grave attentat terroriste à Paris depuis 1945"

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