Et si Merah avait eu un portable ? (Helbert)
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Et si Merah avait eu un portable ? (Helbert)

Un mystère supplémentaire dans l'affaire Merah ?

La police avait assuré que Mohamed Merah n'avait pas de portable, lorsqu'il était encerclé chez lui en mars par la police, après les meurtres de Toulouse et Montauban. Pourtant, à écouter un extrait des échanges entre lui et les négociateurs diffusés sur TF1, il semblerait qu'il avait bien un portable et qu'il l'utilisait pour parler avec les négociateurs. Une incohérence pointée par l'ancien journaliste d'Europe 1 Frédéric Helbert (que nous avions invité dans notre émission sur les mystères de l'affaire).


A en croire les déclarations officielles réitérées de Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, et François Molins, procureur de la République de Paris, ou celles officieuses des enquêteurs, Merah n’était pas censé avoir de portable avec lui lors du siège. C'est d'ailleurs la version qu'a donnée TF1, pour qui il était censé communiquer avec un talkie-walkie ou une radio fourni par le RAID.

picto Un policier lui a transmis une radio par son balcon, assure même TF1.


TF1 a aussi fabriqué des images de synthèse illustrant l'échange par radio entre les protagonistes :


Selon Helbert, cette version officielle est à l'évidence démentie par un des extrait diffusés sur TF1. Au moment où Merah annonce qu'il a finalement décidé de ne pas se rendre, "soudain deux phrases qui sonnent comme un sacré choc, et viennent ébranler gravement la version originale", souligne Helbert:

Le négociateur du RAID :Ok, on laisse notre portable ouvert si tu veux nous appeler, t'as de la batterie encore ?"
Merah : – Apparemment, ouais...
Le négociateur : - A tout moment, je te rappelle, à tout moment, tu peux nous rappeler.
Merah : - Ok, je le garde auprès de moi.

"Portable, batterie, appeler"…. Ces mots là ne peuvent prêter à interprétation divergentes, estime Helbert. Cet échange semble en effet mettre à mal la version officielle sur l’absence de portable. Toutefois, soulignons qu’à aucun moment le négociateur n’emploie le terme de "portable" concernant Merah. Et le mot batterie ne pourrait-il pas s’appliquer à un talkie-walkie? Contacté par @si, Helbert maintient sa version: pas de doute, cet échange prouve qu’il avait un portable, les mots employés ne seraient pas les mêmes s’il s’agissait de talkie-walkie. D'ailleurs, Merah ne pourrait pas appeler d'un tel appareil vers le portable du négociateur.

Pourquoi la police voudrait-elle absolument couvrir le fait que Merah disposait d’un portable? Helbert précise à @si qu'il s’agirait de mettre à mal l’hypothèse selon laquelle Merah disposait de moyens pour s’enregistrer. C’est sur cette hypothèse que se fonde l’avocate du père de Mohamed Merah, qui affirme détenir d’autres parties d’enregistrement de l’échange entre Merah et les négociateurs, qui prouveraient son innocence. Toutefois, hormis cette avocate, personne n'a pu écouter ces autres enregistrements. Le Parquet a de forts doutes sur leurs existence.

Si Merah avait un portable avec lui, un autre mystère s’ajoute: pourquoi est-il sorti de son appartement en bernant la police qui l’encerclait, pour aller téléphoner d'une cabine à France 24 (Une des zones d'ombre pointée dans notre émission et rappelée ici par Daniel Schneidermann) ? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait de son propre portable? Pour ne pas être entendu par les policiers?

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