Espionnage : Fillon, "langue de bois" (édito le Monde)
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"En effet, cette réponse élude soigneusement la question précise qui portait sur la surveillance irrégulière - mieux, illégale - de journalistes. Faute de pouvoir démentir l'existence de la note de son directeur de cabinet, qui n'est pas un «fantasme», le premier ministre a donc répondu à côté, sur le terrain général, et légitime celui-là, de «l'intérêt national»". "Mais il faudrait nous expliquer en quoi les enquêtes menées par des journalistes sur l'affaire Woerth-Bettencourt relèvent de«l'intérêt national», et justifieraient d'être traitées comme des actes de terrorisme, d'espionnage ou de criminalité organisée. En outre, même dans ce cas, le strict respect des libertés publiques est requis, comme l'a rappelé M. Fillon. Et dans ce cas, il a été délibérément négligé." "Il n'y a donc pas «complot», effectivement. Mais bien plutôt la volonté d'étouffer, à tout prix, une affaire de plus en plus embarrassante pour le pouvoir. Et d'empêcher la presse d'exercer son droit et son devoir d'informer. Ce qui relève, pour le coup, de l'intérêt national." |
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