Emploi d'enfants : Huawei conteste (et menace) Cash investigation
Brève Vidéo

Emploi d'enfants : Huawei conteste (et menace) Cash investigation

Nouveau clash dans Cash investigation. Dans l'enquête consacrée à la fabrication des téléphones portables diffusée mardi soir sur France 2, l'émission accuse l'entreprise Huawei de se fournir auprès d'une entreprise chinoise dans laquelle sont employés des enfants. Le président de Huawei France assure aujourd'hui dans une interview que le groupe avait déjà mis fin à son partenariat avec ce sous-traitant lors du tournage de France 2.

A la fin d'un déjeuner privé, Elise Lucet s'immisce dans la salle et va à la rencontre du président de Huawei France François Quentin. La marque, encore peu connue dans l'hexagone, est n°3 mondial des ventes de smartphones en 2013. Selon l'enquête de Cash investigation, la marque fait appel à une usine sous traitante en Chine qui emploie des enfants. Lucet lui montre l'image d'une jeune fille de 13 ans travaillant dans cette usine. "On y a découvert des dizaines d'enfants qui fabriquent vos téléphones portables. Est- ce que vous êtes au courant?" demande Lucet. "Qu'est ce que vous en pensez?" insiste la journaliste. "Rien, je ne sais pas de quoi vous parlez" lui répond le président de l'entreprise, qui demande à la présentatrice du 13h de France 2 sa carte de presse. "Je ne sais pas qui vous êtes". Lucet assure lui avoir demandé à plusieurs reprises un rendez-vous avec l'entreprise sans succès.

Dans un passage précédent cet extrait, un journaliste de Cash investigation se rend à Nangchang, en Chine, pour enquêter sur l'usine sous- traitante de Huawei LCE, spécialisée dans les écrans de smartphones. Cash montre les images tournées en caméra cachée par un militant d'ONG qui s'est fait passer pour un ouvrier. Le militant assure que parmi ces ouvriers, beaucoup sont adolescents. Cash recueille aussi le témoignage d'une des ouvrières, qui accepte de parler car elle envisage de quitter l'usine. Agée de 13 ans, elle explique travailler 13 heures par jour pour le contrôle qualité des écrans, parfois de nuit et avec un jour de congé toutes les deux semaines et deux jours fériés par an.

Dans une interview publiée aujourd'hui par l'Usine digitale, le président de Huawei France justifie sa réaction par le fait qu'il ne connaissait pas Elise Lucet, ce pourquoi il lui réclame sa carte de presse. "Je pense que c'est ce qui lui a déplu", explique-t-il. Selon lui, la demande officielle d'interview ne lui était pas parvenue directement. Il assure encore que Huawei avait identifié le problème de travail des enfants chez son sous-traitant en mai 2014, soit un mois avant l'échange musclé avec Lucet. "Nous avons une tolérance zéro sur ce point et nous avons immédiatement cessé toute collaboration avec cette entreprise", assure-t-il.

Problème : Cash explique dans l'extrait ci-dessus avoir seulement reçu la réponse suivante à l'issue de l'interview de Lucet : "Nos fournisseurs doivent respecter notre charte qui interdit formellement le travail d'enfants". Et rien concernant l'arrêt de la collaboration avec le sous-traitant.

Le directeur de l'entreprise se fait également menaçant : "J'ai activé tous mes réseaux et Madame Lucet n'aura plus aucun grand patron en interview, sauf ceux qui veulent des sensations extrêmes ou des cours de Media Training !".

Huawei a répondu également via sa page Facebook, sur un ton beaucoup plus consensuel que celui de son directeur. "Les sujets traités dans cette émission sont graves et nous sommes sensibles à vos réactions et à vos émotions. Huawei exige de l’intégralité de ses fournisseurs directs et indirects le respect de son code éthique et une stricte conformité légale tout au long de sa chaîne d'approvisionnement." L'entreprise assure (sans donner de date) avoir effectué "un audit au sein de la société présentée dans le programme de France 2," et y avoir relevé "une violation de notre Charte Ethique. Il a été décidé de mettre fin à toute collaboration avec cette société."

Cash investigation répond également sur sa page Facebookassurant prendre "bonne note de la décision du groupe Huawei d’interrompre ses relations commerciales avec son sous-traitant". Et ajoute : "Nous serions d’ailleurs ravis de pouvoir consulter l’audit qu’aurait commandité Huawei et les éléments qui attestent de la fin de leur collaboration avec ce sous-traitant." Nous avons appelé à ce sujet l'entreprise, qui n'a pas retourné nos appels.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.