De l'affaire Sarkozy, et de la technologie en général
Brève

De l'affaire Sarkozy, et de la technologie en général

Le plus impressionnant, avec la nouvelle affaire Sarkozy

, c'est que toutes ses affaires précédentes, Bettencourt, Tapie, Kadhafi, y confluent pour donner naissance au méga-dossier, à l'hyper-affaire de l'ex-hyper président. De mémoire, c'est en enquêtant sur le financement de la campagne de 2007 par Kadhafi (dans laquelle ils n'ont, pour l'instant, rien trouvé), que les juges sont tombés sur une tentative par Sarkozy de se tenir au courant, par un magistrat de la Cour de cassation, de l'évolution du dossier Tapie, notamment à propos d'agendas saisis dans le cadre du dossier Bettencourt (j'ai bon ?) C'est un champ nouveau pour la recherche : à partir d'un certain stade, les affaires secrètent les affaires.

Ces grands hommes, tout de même. Ca détient le code nucléaire, ça entre en guerre contre la Libye, ça dirige pendant des années la DGSE, la DCRI, et ça ne sait pas déjouer des écoutes téléphoniques. Sarkozy, parait-il, est "sidéré" d'avoir été écouté (non pas par Buisson, mais par la Justice). C'est vrai. Son nom apparait dans une demi-douzaine de dossiers judiciaires, et il est écouté par la Justice ! Il s'y attendait si peu, que son avocat Herzog et lui avaient acheté des portables qu'ils utilisaient sous de faux noms. Mais voilà : il ne fallait pas l'utiliser au Cap Nègre, ce portable secret. C'est ainsi, en tapant sur des relais moins utilisés que ceux de Paris, que les deux interlocuteurs ont été repérés. Et ce n'est pas fini. Vous croyez vraiment que Sarkozy et Herzog vont résister à la tentation de continuer à converser gentiment de la nouvelle affaire ? Au moins, celà fait marcher l'industrie du portable. C'est bon pour le taux de croissance.

Tiens, à propos de technologie. Pendant que tout le système se penche sur les affaires Sarkozy, on remarquera sa formidable discrétion sur la persistance de la pollution aux particules fines, dans le ciel des grandes villes, et notamment à Paris. Tout se passe comme si cette pollution avait glissé de la rubrique environnement à la rubrique météo. On nous en informe chaque jour, comme de la température du lendemain. C'est une donnée naturelle. De temps à autre, surgit une nouvelle cause (en ce moment, les feux de cheminée, on ne souligne pas assez la recrudescence des feux de cheminée) qui vient dissoudre la responsabilité des facteurs repérés antérieurement, notamment la multiplication des véhicules diesel. Heureusement, les pouvoirs publics vont prendre les choses en main. Plus précisément, on est sur le point d'inventer...une application. Elle ne fera nullement diminuer la pollution, mais nous permettra, en temps réel, de connaître rue par rue (et en 3D, s'il vous plait) les concentrations en particules fines, et de déterminer nos trajets en fonction. C'est un progrès qu'on ne salue pas assez.*

Sarkozy écouté

 

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