Confidentiel défense : une journaliste de La Croix convoquée à la DCRI
Brève

Confidentiel défense : une journaliste de La Croix convoquée à la DCRI

"Le but était de m’impressionner." Une journaliste de La Croix a été convoquée hier à la DCRI et entendue pendant deux heures, suite à la publication d'un rapport sur la prévention de la radicalisation religieuse en France.

." Une journaliste de La Croix a été convoquée hier à la DCRI et entendue pendant deux heures, suite à la publication d'un rapport sur la prévention de la radicalisation religieuse en France.

Une journaliste du service des informations religieuses du quotidien La Croix, Anne-Bénédicte Hoffner, a été convoquée hier à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). Elle y a été entendue à propos d'un article daté du 29 janvier dernier, titré "La France doit mieux prévenir les risques de l'islam radical".

Cet article retraçait les grandes lignes d'un "rapport confidentiel, remis fin octobre au premier ministre" intitulé "Prévention de la radicalisation", qui s'alarmait des politiques menées en France face au "danger que représente la radicalisation de certaines jeunes musulmans", notamment du manque de prévention.

Sauf que ce rapport ne serait pas seulement confidentiel mais "classé secret défense" selon le SGDSN (secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale). "Nous l'ignorions, précise la directrice de La Croix, Dominique Quinio à @si, "nous pensions qu'il s'agissait d'un document qui n'avait pas forcément vocation à devenir public, comme ça arrive parfois avec des documents de travail du gouvernement, mais pas qu'il était secret-défense". Le SGDSN a ainsi déposé une plainte le lendemain de la parution de l'article, et le parquet de Paris a indiqué à Mediapart avoir ouvert une enquête préliminaire pour compromission du secret-défense. "Nous n'avons été informés de la plainte que bien plus tard, raconte Quinio. Pour la convocation, notre journaliste n'a été notifiée que deux ou trois jours avant par la DCRI."

picto La journaliste "a pu rappeler à ses interlocuteurs que la loi l’autorisait à protéger ses sources", lors de son entretien de 2 heures, précise La Croix

"Le but était de m’impressionner. L’un des policiers m’a dit: La prochaine fois que vous aurez accès à des informations, vous vous souviendrez de nousa confié Anne-Bénédicte Hoffner à Mediapart, expliquant que la directrice de La Croix, Dominique Quinio, qui l'accompagnait, n'a pas eu le droit d'assister à l'entretien. "La Croix se veut toujours attentive aux conséquences des informations qu’elle publie, pour les personnes, pour les institutions, pour la société et pour l’État. En rendant compte de ce rapport sur l’islamisme, notre journaliste ouvrait des pistes de réflexion utiles au débat. Et faisait pleinement son travail. Telle est notre réponse à cette convocation" a conclu Quinio de son côté.

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