Comité d'éthique Canal+ : le CSA se fâche, une loi se prépare
Brève

Comité d'éthique Canal+ : le CSA se fâche, une loi se prépare

Après

la rébellion des journalistes de Canal+, la rébellion du CSA ? Selon Le Monde, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a adressé le 14 janvier un courrier à la chaîne cryptée, rappelant la nécessité d’une indépendance stricte du comité d’éthique mis en place en janvier et promis par Vincent Bolloré après son audition au CSA en septembre.

Comme nous l’évoquions ici et d’après les révélations de BFMTV, deux des six membres de ce comité sont en affaire avec l’industriel, à savoir l'expert-comptable René Ricol et Jean-Marie Colombani, patron de Slate, site d’informations aux riches et discrets actionnaires. De son côté, après plusieurs refus de la direction d’intégrer dans le comité d’éthique un membre de la rédaction, la Société des journalistes (SDJ) d’I-télé/Canal+ a décidé d’écrire elle-même la charte concernant l'indépendance des journalistes du groupe. Cette charte a été soumise à la direction et au comité d’éthique.

Le CSA fait donc les gros yeux… mais c’est peut-être la seule chose qu’il puisse faire considère aujourd’hui BFMTV qui rappelle que "la chaîne cryptée n'est juridiquement pas obligée de se soumettre à la demande du CSA". Seule possibilité – visiblement dégainée par le CSA dans son courrier adressé à Canal+ : inscrire le principe d’indépendance dans la convention conclue avec la chaîne. Un principe inclus dans la convention initiale mais qui a disparu en 2005 dans des conditions obscures. Lors de son audition avec le CSA en septembre, assure BFMTV, "Bolloré avait refusé mordicus de rajouter dans [cette] convention des garanties sur l'indépendance éditoriale. Et, pour y échapper, il avait sorti de son chapeau la création de ce comité d'éthique."

Dernière chance pour les rédactions de Canal+ et d’I-télé de voir leur indépendance préservée : l’Assemblée nationale. Toujours selon BFMTV, "la ministre de la Culture a annoncé mercredi 20 janvier une proposition de loi afin de «mieux garantir le pluralisme et l’indépendance des médias». Ce texte, porté par le président (PS) de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale Patrick Bloche, devrait donner le pouvoir au CSA de durcir les conventions des chaînes sur les questions d'indépendance éditoriale."

Une loi donc et non plus un simple amendement annoncé en octobre et salué à l’époque par notre matinaute. L’amendement – baptisé "amendement anti-Bolloré" – prévoyait d’élargir le statut des lanceurs d'alerte aux journalistes mais aussi de réintroduire l'obligation du respect de l'indépendance rédactionnelle dans les conventions passées entre le CSA et les chaînes privées et, enfin, de permettre au CSA d’avoir son mot à dire sur la composition des comités d'éthique. Qui, pour certains, comme nous le racontions ici, ne servent pas à grand-chose, de l'aveu même d'anciens membres du comité d’éthique d’I-Télé. Deux d’entre eux ont démissionné en septembre pour contester la prise de pouvoir de Vivendi sur Canal+.

A propos d’I-Télé, certains journalistes commencent à "s’impatienter" voire à "s’inquiéter" du retard pris dans l’élaboration du nouveau projet éditorial promis depuis septembre, croit savoir Le Monde. Si Bolloré ne semble pas pressé, les équipes trépignent d'autant que "deux nouvelles concurrentes devraient rejoindre la TNT gratuite en 2016 (LCI et la chaîne d’information publique)". Concernant cette dernière, le projet devrait voir le jour en septembre prochain.

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