Cité maya : le Journal de Montréal change sa carte
Brève

Cité maya : le Journal de Montréal change sa carte

Tiens, la cité maya prétendument découverte par un Québécois de 15 ans s’est déplacée de plus de 200 kilomètres !

Comme le raconte, photos à l’appui, le journaliste de Radio Canada Thomas Gerbet sur son fil twitter, "la "cité Maya" a changé de place (et de pays) dans le Journal de Montréal entre samedi et ce matin."

En effet, dans l'édition papier de samedi (photo de gauche) du Journal de Montréal, la fameuse cité se situe au Belize. Dans son édition du jour (photo de droite) qui consacre encore un article à cette "découverte", la cité est désormais au Mexique, à deux cent ou trois cents kilomètres de son point initial. La carte a également été modifiée sur le site du Journal de Montréal.

Comme nous le racontions hier, c’est ce tabloïd qui a révélé la "découverte" surprenante d’une cité maya par William Gadoury, un jeune Québécois de 15 ans féru d’astronomie. Ce dernier, qui planche sur le sujet depuis plusieurs années, fait le lien entre les constellations et l’emplacement des cités. Or, selon Marie-Charlotte Arnauld et Eric Taladoire, deux archéologues spécialistes des civilisations mayas interrogés par @si, non seulement il est aberrant de se baser sur des constellations héritées des Grecs mais en plus ce serait mal connaître cette civilisation que de croire qu’elle a bâti un plan d’urbanisme sur trois millénaires.

Taladoire en remet d’ailleurs aujourd’hui une couche sur le site du Figaro – qui avoue s’être laissé séduire par cette découverte comme l’ensemble des médias français. L’archéologue est aussi furieux que formel : "un chercheur slovène, Ivan Sprajc, a passé 5 ans sur place et publié plusieurs travaux avec des cartes de toute la région, il a peut-être laissé passer des sites mais rien d'aussi absurde en taille que ce qui est avancé par l'article du Journal de Montréal ! On a découvert en huit ans 25 ou 30 groupes de cités mayas qui font quelques hectares mais William Gadoury avance une cité allant de 80 à 120 km², c'est à dire à peu près la taille de Paris avec une pyramide de 87m de haut ! Tous mes collègues, pas seulement en France, même au Moyen-Orient, sont d'accord : c'est un rejet complet et absolu."

On apprend également au détour de cette mise au point que l’archéologue a rapidement contacté les auteurs de l’article pour leur signaler que leur carte était fausse. Bingo raconte-t-il : "[la cité trouvée] a disparu et été remplacée par une autre carte, le site maya s'était soudainement déplacé de 200 ou 300 kilomètres..." Cela dit, si tous les médias français ont repris en chœur la trop belle histoire, qu’en est-il des médias québécois ? Interrogé par @si, le journaliste de Radio Canada explique que "les grands médias n'avaient pas repris la nouvelle du concurrent. En revanche, nous, à Radio-Canada, on est tombé dans le panneau hier, mais on nuance beaucoup ce matin". Des nuances apportées depuis la lecture d’un article paru hier dans Wired… et sur Arrêt sur images.

>> L'occasion de lire ou relire la trop belle histoire de la cité maya découverte par un ado québécois

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