Chomsky contre le "conspirationnisme" du 11 septembre
Brève

Chomsky contre le "conspirationnisme" du 11 septembre

Nouvelle pièce au débat sur les attentats du 11 septembre, qui agite le web depuis plusieurs années : Noam Chomsky publie aujourd'hui un livre d'entretiens, intitulé "L'ivresse de la force". Il y affirme clairement son désaccord avec les théories dites "conspirationnistes".

Sur son blog hébergé par Bakchich, Sébastien Fontenelle publie de longs extraits de L'ivresse de la force. Dans ce livre, Noam Chomsky analyse des problèmes politiques contemporains : le conflit israélo-palestinien, la guerre du Liban, les tensions avec l'Iran et ... les théories conspirationnistes autour du 11 septembre (qui voudraient que les attentats soient l'oeuvre du gouvernement américain).

A propos de ces dernières, il déclare : "D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux. Il faut quand même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe".

Pour Chomsky, le développement du débat autour des attentats permet de faire oublier d'autres pans contestables de la politique américaine : "Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu-, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre. Du point de vue des gouvernants, c’est excellent."

Noam Chomsky avait parfois été assimilé au courant dit "conspirationniste". Sébastien Fontenelle rappelle par exemple que Pierre-André Taguieff avait vu en lui "un des maîtres à penser du néo-conspirationnisme d'extrême-gauche".

Notre inoxydable dossier : "11 septembre, guerre sans fin de l'information" est plus que jamais en ligne.

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