Cheops et ses mystères (2)
Brève

Cheops et ses mystères (2)

Que les frontières françaises soient une passoire pour les djihadistes qui se ruent en Syrie (ou en reviennent)

, on a commencé à s'en douter lors de l'affaire des "trois djihadistes de Marseille". Et voici que c'est confirmé par Le Figaro en personne, qui se penche sur les trous du système Cheops, cette passerelle qui relie entre eux tous les fichiers de la police. Le système peut être inopérant, "jusqu'à trois heures tous les deux jours" explique un policier au Figaro. Et dans ce cas, assure-t-il, "la police est aveugle puisqu'elle ne peut accéder à aucun de ses fichiers courants reliés au portail, que ce soit ceux des antécédents judiciaires, du terrorisme ou des étrangers." Le problème, confirme le journal, se pose dans les aéroports comme dans les commissariats.

La soudaineté de la révélation du scandale pose une question : pourquoi ne l'a-t-on pas appris plus tôt ? Sous la plume de Jean-Marc Leclerc, spécialiste de la police au Figaro au moins depuis Clémenceau, on apprend que "quelques syndicats de police" dénonçaient l'affaire "dans des tracts internes". Connaissant la porosité habituelle entre les syndicats de policiers et certains journalistes chargés des faits-divers et des affaires, dont ils constituent la source exclusive, et abondante, on se demande comment le scandale n'a pas fuité plus tôt. Est-ce les syndicats qui ne l'ont pas dénoncé assez fort ? Les journalistes spécialisés ont-ils été sourds à ces dénonciations ?

Risquons quelques hypothèses d'explications. Dénoncer l'inopérance de Cheops, pour les syndicats, c'était peut-être dénoncer les fonctionnaires chargés de son entretien, dont certains sont certainement aussi des syndicalistes. Et cette dénonciation n'était utile ni syndicalement ni politiquement, le sujet, éminemment complexe, ne se prétant pas aux vociférantes accusations de laxisme ou d'acharnement répressif. Les choses se retournent. Certains députés UMP souhaitent aujourd'hui créer une commission d'enquête sur les faiblesses de Cheops. Logiquement, Le Figaro leur fait écho. A la météo des emballements, on peut prévoir qu'après une longue période d'omerta, vont déferler les fuites sur les mystères de Cheops.

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