"Apologie du terrorisme" : pas de poursuites contre le prof de Poitiers
Brève

"Apologie du terrorisme" : pas de poursuites contre le prof de Poitiers

Jean-François Chazerans a tenu des propos "déplacés et choquants", mais il ne s'est pas rendu coupable "d'apologie d'actes de terrorisme", selon le parquet.

. Le procureur de la République de Poitiers Nicolas Jacquet a annoncé vendredi qu'il abandonnait les poursuites contre ce professeur de philosophie, visé par une information judiciaire pour "apologie d'actes de terrorisme" en dépit de zones d'ombres dans le dossier, ainsi qu'@si vous l'expliquait. Jeudi, Jean-François Chazerans avait été placé en garde à vue durant neuf heures.

12/13 de France 3 Poitou-Charentes, le 26/02/2015

C'est le rectorat qui avait saisi le parquet, voilà un mois, à la suite de plaintes de parents d'élèves pour des propos tenus en classe par le professeur au lendemain de l'attentat de Charlie Hebdo. Mais les faits précis reprochés à cet enseignant en philosophie sont longtemps demeurés flous. Interrogé par @si au moment de l'ouverture de l'information judiciaire, Chazerans avait expliqué avoir, lors d'un débat dans sa classe le jeudi 8 janvier, "soutenu des analyses pour essayer d'expliquer l'émergence du terrorisme", mais n'avoir en "aucun cas fait l'apologie du terrorisme."

On en sait aujourd'hui davantage sur ce qui s'est dit le 8 janvier dans sa salle de classe. Deux choses semblent avoir motivé les plaintes de parents d'élèves : l'utilisation du terme "crapule" concernant les journalistes de Charlie Hebdo, et les explications de l'enseignant concernant le terrorisme comme produit de la politique étrangère occidentale. D'après les auditions d'élèves menées par la police judiciaire (rapportées notamment dans La Nouvelle République), un débat divisait les élèves de Terminale concernant les publications de Charlie Hebdo – certains estimant que le journal était "allé trop loin". Le professeur aurait alors qualifié les journalistes de l'hebdomadaire de "crapules", mot qu'il a admis avoir prononcé durant sa garde à vue, en ajoutant qu'il s'agissait "dans son esprit d'un terme affectueux et commémoratif".

Plus tard dans le débat, l'enseignant aurait entrepris de parler plus généralement de terrorisme. Il aurait "projeté le blog d'un collègue du lycée contenant un article au titre engagé : «Le terrorisme, produit authentique de l'impérialisme»", et "assimilé les militaires français engagés sur des opérations extérieures à des terroristes", toujours selon les éléments de l'enquête rapportés par La Nouvelle République. Ces derniers propos en particulier auraient choqué des enfants de militaires déployés au Mali.

Parallèlement à cette procédure judiciaire, l'enseignant est toujours visé par une procédure disciplinaire pour "propos inadéquats tenus en classe", qui lui a valu une mise à pied à titre conservatoire. Il sera entendu le 13 mars par une commission disciplinaire. Son avocat, Me Amaury Auzou, affirmait le 14 février à La Nouvelle République qu'il "n'y a[vait] rien" dans le dossier rédigé par des inspecteurs d'Académie.

L'occasion de relire notre article : "La mystérieuse suspension d'un prof de philo à Poitiers. Apologie de terrorisme, ou réglement de comptes?"

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