Antichrist / Lars von Trier : visa d'exploitation retiré
Brève

Antichrist / Lars von Trier : visa d'exploitation retiré

Les annulations se suivent et se ressemblent. Après La Vie d'Adèle, la cour administrative d'appel de Paris, saisie par l'association catholique traditionaliste Promouvoir, a annulé le visa d'exploitation du film de Lars Von Trier, Antichrist, avec Charlotte Gainsbourg.

Nouvelle victoire judiciaire pour l'association catholique Promouvoir. Après Baise-moi, Love, La Vie d'Adèle, la cour administrative d'appel vient de donner une nouvelle fois raison à l'association en retirant le visa d'exploitation du film franco-germano-danois-polonais, Antichrist, sorti en juin 2009. A sa sortie, le film avait déjà fait polémique, en raison de l'extrême violence de certaines scènes où se côtoient sexe et mutilation.

Ce film comporte des scènes qui ont "un degré de représentation de la violence et de la sexualité qui exige, au regard des dispositions réglementaires applicables, une interdiction de ce film à tous les mineurs", indique la cour administrative d'appel de Paris dans sa décision, tout en estimant que la ministre de la Culture avait "commis une erreur d'appréciation en se bornant à interdire sa diffusion aux seuls mineurs de moins de seize ans".

Comme l'expliquait @si en décembre 2015, la ministre valide le plus souvent l'avis de la commission de classification (qui elle-même suit l'avis majoritaire de la sous-commission). Quels sont les critères exacts de ce classement, qui vise à étiqueter un film "tous publics", "moins de 12 ans", "moins de 16 ans", "moins de 18 ans" ou "X" au moment de sa sortie en salles ? Il n'existe pas vraiment de grille d'évaluation précise, ce qui laisse une grande flexibilité à la commission, qui dit faire preuve d'une "vigilance particulière" concernant les scènes violentes ou les scènes sexuelles crues. Cinq ans après la sortie d'Antichrist en salles, la victoire est surtout symbolique. Mais en attendant que la commission réexamine le film de Lars Von Trier, celui-ci ne peut plus être exploité commercialement en VOD, en vidéo ou à la télévision.

Promouvoir ne devrait pas, à priori, s'arrêter en si bon chemin : le film Bang Gang, sorti en salles de 13 janvier, est dans le viseur de l'association catholique, qui lui reproche ses nombreuses scènes de sexe. Selon Le Canard enchaîné, l'association a demandé auprès du tribunal de Paris "un visionnage au CNC préalablement à sa sortie afin de court-circuiter cette commission, qu'elle juge acquise aux pornographes." La requête a été rejetée et le film devrait poursuivre, et terminer tranquillement, sa carrière en salles. Avant de se voir retirer son visa d'exploitation dans cinq ans ?

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