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Violences scolaires : il ya treize ans, Sarkozy dénigrait la "sanctuarisation"

Fouiller les cartables, mettre en place des "équipes mobiles d'agents" pour "sanctuariser les établissements scolaires" : ce sont les annonces faites aujourd'hui par le président de la République pour remédier aux violences scolaires. "Sanctuariser" : un terme pourtant critiqué par Sarkozy il y a treize ans. Pourquoi la violence scolaire faisait-elle alors la une ? @si s'est replongé dans ses archives.

Derniers commentaires

Double bravo pour avoir ainsi mis à jour la double imposture de Sarkozy et de Bayrou.

Sophie Gindensperger, vous êtes une vraie journaliste !
Vous vous êtes plantés sur la sanctuarisation ,vous auriez dû demander à Judith avant de faire de l'esprit la dessus
( Cf l'émission de ce 30 mai 2008)

Vous faites une erreur quant à la différence d'acception entre '96 et aujourd'hui.

En '96 on était dans le registre spirituel, l'école ne doit pas être le reflet de la vie, vouloir la sanctuariser c'était

isoler, le temps de la classe, les élèves de la rumeur du monde pour étudier au calme le beau le bon le vrai; bref préparer les élèves

à former leur jugement.C'était refuser aussi les idées à la mode (l'entreprise , les journaux , la chansonnette, les médias

....),
Vaste débat qu'Alain Finkielkraut et d'autres nourrissait et continue de nourrir... réinvitez-le sur ce sujet ça pourrait

être intéressant
Je suis plutôt anti-sarkozyste et plutôt opposé à la sanctuarisation mais là je ne vois pas en quoi le fait que Sarkozy change d'avis sur cette question depuis tout ce temps soit choquant, car Bayrou ministre de l'éducation ça commence à dater, il a largement eu le temps de changer d'avis. Ce qui aurait été choquant c'est qu'il fasse campagne contre la non sanctuarisation en 2007 et qu'aujourd'hui il tienne ce genre de propos.
Je cite une partie de l'article :
..."des reportages truffés de témoignages où des jeunes expliquent face caméra que"...
"des jeunes" : voilà un vrai mot de lémédia ... un être humain peu âgé qui fréquente un établissement scolaire pour y recevoir un enseignement, ça s'appelle d'ordinaire un élève. On peut préciser écolier, collégien, lycéen si on en sait plus.
Mais si l'élève est violent, alors c'est un "jeune".
Sur les violences scolaires, la sociologie de l'éducation dispose elle aussi d'archives abondantes. Un nom se distingue dans le lot, celui d'Eric Debarbieux, universitaire. Télérama.fr reproduit l'entretien qu'il a accordé aux Cahiers pédagogiques très récemment.(le texte est plus lisible sur télérama). Le voici.

A propos du positionnement des politiques de tous bords, voici ce que dit Debarbieux dans l'entretien :

"Dans notre pays en effet et plus qu’ailleurs, la nation s’est identifiée à son système d’enseignement, dans un idéal d’égalité républicaine et d’école pour tous. L’école est le temple du savoir et de sa transmission, exigeant la coupure avec la vie ordinaire et les failles de la cité réelle. Le savoir serait en soi la clef contre la barbarie. C’est ce qu’exprime par exemple ce discours de Ségolène Royal (discours de Villepinte le 11 février 2007) : « L’école est le cœur battant de la République, l’école est le lieu où se transmettent tous les savoirs et les valeurs républicaines, l’école est le creuset où se forment les futurs citoyens. » Cette idée est largement consensuelle dans la classe politique, elle s’exprime aussi dans le discours d’un ministre de l’Education dans des termes quasiment religieux : « la violence menace la sérénité de l’étude dont l’école doit être un sanctuaire » (Discours de Gilles de Robien, 5 septembre 2006). C’est ce que déclarait François Bayrou, ministre de l’Education nationale en 1993 : « L’école doit être un sanctuaire et cela doit se matérialiser afin que les enfants se sentent à l’abri des menaces du monde qui les entoure. » En ce sens la violence dans les lieux d’enseignement est une atteinte au sacré et ne peut être conçue que venant d’un environnement hostile. Cela n’est pas spécifique au personnel politique : les explications privilégiées par la presse, bien qu’identifiant assez précisément les auteurs et les lieux de la violence scolaire, ont largement tendance à privilégier des déterminismes externes.

Or, les faits sont têtus, la violence à l’école est très rarement le fait d’éléments extérieurs. Les statistiques du ministère de l’Education nationale en 2007 montrent qu’elles constituent 2,3% des faits portés à la connaissance de l’administration dans le second degré et 2,1% dans le premier degré. En ce qui concerne les incidents envers les personnels, près de neuf incidents sur dix ont pour auteur un élève, 3,5% sont des personnes extérieures à l’établissement et un peu moins de 3% des familles. Qu’on le veuille ou non, c’est donc bien la relation pédagogique qui est au cœur du problème. On peut idéologiquement le regretter, mais c’est une réalité incontournable."
J'ai écouté un extrait hier dans la revue de presse du 7/10 de France inter mais là avec la vidéo c'est plus fort!
Il était de gauche le président avant?
excellent!!

c'est vrai qu'à l'époque, c'était le corps enseignant qui demandait des mesures...
Je viens d'écouter Bayrou à l'assemblée nationale en 1996 et j'ai cru entendre Sarkozy aujourd'hui.
En tout cas, quand jeudi Bayrou s'est insurgé contre le nouveau plan de Sarkoy pour lutter contre les violences à l'école et en dénoncer l'inefficacité, il savait de quoi il parlait : voilà 10 ans, il proposait les mêmes mesures, toute honte bue, et la situation est la même.
On aimerait que la presse reprenne enfin l'historique des actions de Bayrou pour les mettre en perspective avec ses critiques d'aujourd'hui. On aura des surprises !
Dans l’affirmation du tout et n’importe quoi, quelques suggestions supplémentaires.
A propos de sanctuarisation des lycées et collèges par des portiques de sécurité, personne n'a posé des questions "pragmatiques" (c'est un mot-slogan un peu comme "le bon sens près de chez vous").
Sachant que l'aménagement et l'entretien des lycées est à la charge des régions et ceux des collèges à la charge des départements, qui va financer cette sanctuarisation ?
Va-t-on installer les mêmes portiques de sécurité que dans les aéroports ?
Combien de temps va-t-il falloir pour faire franchir ces portiques à tous les élèves d'un établissement aux "heures de pointe " ?
Si le portique sonne, fera-t-on déchaussé les élèves, leur fera-t-on vidé leurs poches, y aura-t-il palpation et par qui ?
Les entrées donnent généralement accès à une cour extérieure. En hiver ou les jours d'intempéries, installera-t-on un chapiteau pour que les opérations se passent à l’abri ?
Excellentissime : Démontage parfait de l'utilisation politicarde de l'insécurité scolaire. Sujet à montrer ...dans les écoles !
Croire notre pragmatique président, possédant sept cerveaux un prochain est en préparation, ce serait la copie con-forme de celui de jean-marie ! Vaut mieux faire confiance à un arracheur de dents ! C' est vrai qu' il parlait correctement nicos ! à croire que le pouvoir rend bête ? arrête nicolas, le pouvoir !

Il nous ressert l' insécurité, élection oblige, si après son passage au ministère de l' intérieur et à la présidence de la République nous en sommes à du surplace ! il ne va nous rester comme solution que son fiston qui promet parait il, il aurait tous les défauts de son papa !
A la fin de l'interview avec Duhamel, il déclare : "Quand il n'y a pas de sélection par le travail, par le mérite, par l'examen, par l'engagement personnel, il y a la sélection par les origines sociales et par l'argent. Et cette solution-là, moi je n'en veux pas."

La preuve : le parcours exemplaire de son fiston Jean...
très bon article...
le plus inquiétant dans cette chronique est de prendre conscience à quel point leurs paroles ont peu de valeur ; variables, fluctuantes, ils n'ont aucune conviction, s'adaptent à l'air du temps ou plus exactement à leurs besoins, à leurs nécessités électorales...
le meilleur texte là-dessus est celui de Dutronc qui sera éternellement d'actualité pour tous ces politiques !!
tout simplement !
tragique !
http://www.youtube.com/watch?v=gsuKEPQAI4Q&feature=related

Jacques Dutronc
L'OPPORTUNISTE

Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste

Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n'ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
Je fais confiance aux électeurs
Et j'en profite pour faire mon beurre

Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les patries
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis

Il y en a qui conteste
Qui revendique et qui proteste
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration

Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu'un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l'ai tellement retournée
Qu'elle craque de tous côtés
A la prochaine révolution
Je retourne mon pantalon
Merci Sophie.
Voilà peut-être la solution pour le retour aux archives accumulées par @si. Prendre un sujet d'actualité et pointer les fluctuations de discours et de position des uns et des autres au fil des ans. N'êtes pas couchée, si vous commencez :)

Un excellent rappel, aussi, concernant les idées de M. Bayrou...

Sinon, mes z'excuses, hein, mais z'avez quelques fautes/oublis qui traînent de-ci, de-là. Un p'tit MP, tiens...
Dans le premier extrait , vers la fin , on peut entendre sarko dire " la séléction par les origines sociales , je n'en veux pas" . Douze ans plus tard , l'auteur de cette phrase s'est transformé en farouche défenseur de la discrimination positive . Trés bon article de sophie
Bingo Sophie ! Il fut donc un temps où qui vous savez n'était pas à la chasse aux voix du FN !

J'avais oublié !

Il faut dire qu'il était bien insignifiant alors, il pouvait se permettre d'être réaliste et ouvert..... Normal quoi ....
Honnêtement, je ne sais pas quoi ajouter à cette démonstration, Sophie.
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