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Hydrates de méthane : la catastrophe climatique de demain ?

Vous avez entendu parler, dans les medias français, des hydrates de méthane ? Vous auriez dû. Car ce nouveau combustile sous-marin, à l'apparence de neige sale, que la Chine a commencé à prospecter, annonce peut-être une catastrophe majeure, en même temps qu'une révolution énergétique mondiale. Un gaz 23 fois plus réchauffant que le gaz carbonique, et des réserves mondiales estimées supérieures à la totalité des réserves de gaz, de pétrole, et de charbon : oui, catastrophe en vue. Et qui vous en parle, sinon Fabrice Nicolino ?

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Je me permet de donner quelques pistes historico-scientifique pour lever certaines ambiguïtés relevés en commentaires :

Le rôle des stocks océaniques d'hydrate de méthane dans un emballement du réchauffement climatique n'a commencé à être pris en compte que dans les années 2000 lorsque cette hypothèse a été avancée pour expliquer l'extinction massive du permien-trias (-260Millions d'années*) . Au départ on pensait cette extinction massive due à un événement géologie ( les trapps sibériens : éruption volcaniques massiques injectant GES en masse dans l'atmosphère) ayant conduit à un réchauffement climatique de +10° et l'extinction de 95% des espèces vivantes en 1000 ans (un impact de météorite à aussi été évoqué) . Mais les simulations montraient que seul un réchauffement de +5° était ainsi généré ... c'est alors que l'hypothèse d'une rétroaction impliquant les hydrates de méthane océanique à été invoqué (réchauffement de +5° => libération des HM=> augmentation effet de serre ...).

Quand on dit du "potentiel de réchauffement global" (PRG) du méthane qu'il est 23 (j'ai plutôt 28) fois plus grand que celui du CO2 c'est par ce que "une molécule de méthane absorbe en moyenne 28 fois plus de rayonnement qu'une molécule de dioxyde de carbone sur une période de 100 ans" ** . C'est donc la capacité à absorber l'énergie solaire et emmagasiner dans notre éco-système qui caractérise l'effet de serre.

conclusion :
- qu'on les exploite ou pas les hydrates de méthane océaniques (ou ceux du permafrost) se libéreront dans l'atmosphère
- si on les brûle on libérera du CO2 au lieu du CH4 ce qui est peut être un moindre mal
- il n'y a pas de liste exhaustive des responsables du réchauffement climatique, il y a de nouveaux venus au fur et à mesure qu'on progresse dans l'étude du problème

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Extinction_Permien-Trias
** https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thane#Un_gaz_.C3.A0_effet_de_serre
La remarque de Dogu est très pertinente mais la "bombe à retardement" est bien là : le réchauffement climatique peut libérer, au moins en partie, ce méthane, c'est une rétroaction positive qui inquiète les scientifiques qui suivent le phénomène de près.
Donc il est bon pour le climat, à mon avis, de brûler ce méthane si c'est à la place du gaz "traditionnel" et que ce dernier reste en place!
Par contre si on profite de cette nouvelle source pour retarder le développement des énergies renouvelables, cela devient négatif.
Il faut voir la réalité en face : si l'on veut éviter une catastrophe (+5 à 10°C, comme cela est arrivé lors d'une des 5 extinctions massives) il faudra laisser une bonne part des pétroles et gaz là où ils sont, notamment ceux de schiste!
Je déplore que des imprécisions, comme l'eurent signalé plusieurs personnes, viennent taveler les propos autrement intéressants de M. Fabrice Nicolino.

En effet, affirmer que les hydrates de méthane sont 23 fois plus réchauffants que le CO2 sans préciser la nature de ce réchauffement (est-ce que je réchauffe 23 plus de fois la planète en brûlant des hydrates de méthane que du CO2, à quantités égales ?) ou que la quantité des hydrates de méthane serait supérieure à celles des quantités de gaz, de pétrole et de charbon cumulées sans préciser les critères de cette estimation viennent gâcher le plaisir (si on peut parler de plaisir face à ce qui, selon toute vraisemblance, semble un nouveau pas vers la catastrophe qui s'annonce) que j'ai eu à visionner cette vidéo.

Je pense que le format et la durée sont des contraintes qui obligent M. Nicolino à vulgariser et raccourcir. Pour parer à mes critiques et à celles d'autres personnes, je pense qu'il serait judicieux d'ajouter sur la page de l'émission les sources qui ont servi à la construire. Ainsi, celles et ceux qui veulent vérifier ou aller plus loin pourront le faire sans recourir à la roulette russe Google...
Une précision apportée par un camarade représentant d'un collectif "stop gaz et huile de schiste et de houille" :

le méthane est en réalité entre 105 et 75 fois plus émetteur de GES que le CO2 dans sa première demie vie de 12 ans dans l'atmosphère c'est seulement au bout de 100 ans qu'il ne représente plus ( si je puis dire) que 25 fois la valeur du CO2 !

la source sur l' étude ( en français) du prof Bob Howarth de l'univ Cornell de 2015

http://www.eeb.cornell.edu/howarth/summaries_CH4_Fr.php

une nouvelle mise à jour de l'étude mais en anglais ici:

http://www.eeb.cornell.edu/howarth/summaries_CH4_2016.php
Merci beaucoup. J'adore cette chronique !!

Ca donne envie d'aller se renseigner : je vois cette chronique comme des suggestions des randonnées pour exercer notre esprit critique. N'oublions jamais que personne ne peut penser à notre place, comme le disait si justement Chomsky (je dis ça contre ceux qui reprochent à la chronique de ne pas tout "étayer" : monsieur Nicolino nous aiguille, ne lui demandons pas l'impossible qui serait de faire le travail à notre place).

***

Citation de Chomsky :

Face à l’incrédulité que suscitent souvent ses analyses sur la propagande de nos soi-disant « démocraties » occidentales – puisque ses propos, volontiers contre-intuitifs, demandent du temps et des moyens pour vérifier leur véracité – Chomsky se réjouit ainsi du sceptique s’exclamant : « Comment savoir si ce que vous dites est vrai ? », et lui rétorque :

"C’est la réaction raisonnable. Je réponds que c’est la bonne. Vous ne devez pas croire que ce que je dis est vrai. Les notes sont là et vous permettent de vérifier, si tel est votre désir, mais si vous ne voulez pas vous en donner la peine, rien n’est possible. Personne ne vous versera la vérité dans le cerveau. C’est une chose que vous devez faire par vous-même." (Ref : Noam Chomsky, De la propagande. Entretiens avec David Barsamian, Paris, Fayard, 2002, p.219).
Rappel inauguré récemment au Havre:Harmony of the sea: le plus grand paquebot de croisière au monde; consomme 250000 litres de diesel par jour, un diesel 100 fois plus polluant que celui utilisé pour les voitures; pollution équivalente à celle de 5 millions de voitures pour un trajet de même durée; pas de système de filtres à particules; ces paquebots polluent aussi énormément quand ils sont à quai : restaurants, piscines, simulateurs de surf, patinoire, nombreux restaurants.... Southampton, Marseille ...toutes les villes où ils font escale subissent ces pollutions très importantes.

Et il est prévu la construction de 13 autres navires. Voilà ce que cautionnent et ont fêté messieurs Macron et Philippe.

Or des études sont paraît-il en cours pour faire fonctionner ces paquebots au gaz; les HM vont apparaître comme un cadeau de la divine providence à ces messieurs que l'on nomme grands et qui nous gouvernent. Les multinationales salivent certainement déjà, piaffent d'impatience...
ne vous suicidez pas Fabrice ! Laissez vous aller un peu , pétez un coup ( ça réchauffera a peine la planète) et adoptez une positive attitude un peu plus Macroniste !

Vous avez bien sur 100% raison et je partage votre inquiétude.... Il était entendu que les corporations toujours en quête de profits retardent l’arrivée des énergies renouvelables en trouvant de nouveaux moyens toujours plus destructeur d'extraire les combustibles fossiles mais que les états soient atteints de la même fièvre est assez consternant. Entre les hydrathes de methane et l'exploitation des ressources de l’arctique (et pourquoi pas de l'antarctique apres 2048) je finis par me demander si je verrai un monde fonctionnement massivement aux energies renouvellables / non polluantes de mon vivant.

rappelons l'excellent episode de south park sur les dangers du méthane et le réchauffement de la planète : spontaneous combustion
Bon, le mot "angoissant" a été pas mal utilisé dans votre chronique et comme disait Tubiana, le catastrophisme peut aussi conduire au fatalisme mais je vais rajouter ma pierre apocalyptique : on a mesuré une augmentation du méthane atmosphérique depuis 2014 (cf cet article du CNRS) et une des craintes qu'il y a avec les clathrates de méthane (autre nom des hydrates de méthane dont vous parlez) est que le réchauffement provoque un dégazement massif des stocks marins. En anglais : clathrate gun hypothesis.
Les recherches semblent dire qu'il faudrait du temps pour perturber l'essentiel des stocks profonds mais il y a par exemple cette étude de 2012 qui s'inquiète de l'Est arctique sibérien et son permafrost sous-marin. D'après l'article, la zone à elle seule libère autant que tout le reste des océans.

Au niveau exploitation industrielle, les japonais avait déjà essayé en 2013 sans grand succès (à vérifier où ils en sont, je dis de mémoire) et il n'est pas garanti que les chinois fassent mieux. D'ailleurs, à la limite, si ça commence vraiment à fuiter naturellement, il pourrait être bon d'avoir les technologies pour capter ce qu'on peut...

Et question fatalisme : ne serait-il pas intéressant de faire des chroniques sur les solutions tentées, les initiatives à soutenir, les exemples à suivre aux niveaux institutionnels ? Que font les Etats, les régions etc. de positif qu'on puisse porter au niveau politique ?
Parce qu'une fois qu'on a dit que le changement de mode de vie est essentiel comment éviter de penser qu'on s'en fout un peu de ce que font 66 millions de Français face à 3 milliards de Chinois et d'Indiens ?
@ Fabrice Nicolino

Surprise,

Répondant à Freudqo vous insultant ( si mes souvenirs sont exacts, je lui disais entre autre : "j'en parlerai à mon cheval" avec un complémentaire plus ou moins comique)
je m'aperçois que mon commentaire a été "sucré " (censuré est un grand mot, n'est-ce pas?)

Je ne tiens pas plus que ça à mon (plus une autre réponse) post.
On aurait pu me dire. C'est tout.
Certains appellent ça la politesse. Enfin chez moi, dans les fins fonds. En Occitanie.

Allez adishatz et bonne soirée.

Les poètes décédés sont de bien meilleure compagnie. J'y retourne.
Me voilà rassuré de pouvoir assister à la fin du monde avant d’être trop vieux pour l'apprécier.

Le CO2 a une durée de vie moyenne de 100 ans, le CH4 de 10 à 12 ans. Comme le PRG sur 100 ans du méthane est 32 fois celui du CO2, cela voudrait dire que sur la durée de vie moyenne du CH4 sa capacité de réchauffement est 10 fois plus importante.
Comme la mer se réchauffe, la profondeur à laquelle l'hydrate de méthane est stable augmente et donc cela va dégager sec par effet de rétroaction positive non linéaire (en puissance n ou exponentiel ?) en une à deux décennies.

Bon courage à ceux qui ont moins de 50 ans. Après tout cela ne fait que depuis la candidature de Dumont en 1974 ou les études du club de Rome vers la même époque (moquées par nos grands journaux, les mêmes qui nous vendent du Macron à la palette ou qui nous ont descendu tout ce qui n'était pas Macron lors des élections) que nous sommes informés.

Et bien maintenant, il va falloir s'adapter à des phénomènes climatiques de plus en plus violents, de plus imprévisibles au lieu d'enrayer.
Le premier problème de la Chine est la pollution due au chauffage au charbon, aussi il n'est pas étonnant que le méthane disponible soit considéré comme moins dangereux. Ce qu'il est pour la santé publique.
D'autres l'ont dit plus haut, bruler du méthane fabrique du CO2 donc pas pire que n'importe quel hydrocarbure.
Ma trouille depuis plusieurs années n'est pas l'exploitation des clathrates, mais les accidents possibles déclenchant leur vaporisation intempestive et surtout l'atteinte de la température de la mer déclenchant le phénomène à grande échelle...
On est mal, sans aucune solution de repli...
La question du changement de mode de vie est impérative.

Elle vient naturellement comme corolaire du changement climatique mais aussi de la pauvreté dans le monde et de la faim, toutes deux liées aussi aux bouleversements du climat.

Et donc, nous avons doublement raison de changer notre façon de vivre et consommer : l'une égoïste ou personnelle, l'autre par solidarité avec ceux qui sont les plus démunis.

Bien sûr, les peuples qui n'ont pas connu la consommation à outrance comme la Chine et l'Inde, ou qui la découvrent à peine, veulent profiter à leur tour et n'envisagent pas ce changement de vie et reculent à plus tard cet impératif, et nous entraînent à notre tour à ne pas l'avancer

Éternel rocher de Sisyphe qui nous conduit à notre destruction
juste une petite rectification, on ne dit pas rétroaction négative, mais rétroaction positive.
article du 26 juin :

"Selon une nouvelle étude, la capacité du méthane (CH4) à réchauffer l’atmosphère est plus importante que les scientifiques ne le pensaient jusqu’alors. Depuis le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de 1995, le potentiel de réchauffement global (PRG) à 100 ans du CH4 est passé de 21 fois à 32 fois celui du CO2. Une estimation en progression de 50% donc."

http://dr-petrole-mr-carbone.com/rechauffement-la-puissance-du-methane-revue-a-la-hausse/
Merci Fabrice Nicolino pour cette chronique très intéressante, qui m'a permis de découvrir l'existence des hydrates de méthane.
Mais je reste sur ma faim sur plusieurs points :
comment se fait l'extraction des hydrates de méthane ?
à quelle profondeur, avec quels outils, comment est-il présent dans le sous-sol des océans ?
cette campagne de 2 mois d'extraction chinoise s'est-elle déroulée dans les eaux territoriales du pays ?
Et ensuite, les photos d'illustration derrière Fabrice auraient mérité d'être peut-être plus explicitées : à quel endroit ? nom de la ville, ....
Peut-être la chronique est un peu courte, et mériterait d'être plus pédagogique ? ou alors il faut préparer plusieurs chroniques sur ce sujet, découpées en thèmes ...
Mais en tout cas cette chronique est un bon teaser pour d'autres informations sur ce sujet méconnu.
Il a quand mème pas mal d' imprécision. Par exemple la quantité d' HM serait supérieure a tout les autre quantités de combustibles. Selon quel critère? la masse? le volume? la quantité d’énergie qu'on peux en extraire? D’ailleurs calcule t-on la quantité totale de ressource existant sur terre, ou celle disponible ? (par exemple pour le pétrole, on ne peux pas en extraire plus d'un tiers, sinon ca demanderais plus d'energie que ca en rapporte). Cette énergie est elle plus polluante à kilowatt heure équivalent que les autres énergies? Et elle économiquement viable, ou doit elle, comme pour le gaz de shite, être gavée de subvention pour exister?
Et puis je trouve que cette chronique est de tres mauvais esprit, comment ferait on sans des sources massive de charbons ou hydrates de methane pour alimenter en électricité les voitures propres? vous êtes contre la nature c'est ca?
Heu… Fabrice, il faudrait être plus précis dans le vocabulaire utilisé.
Le méthane gaz qui s'échapperait dans l'atmosphère - lors de l'extraction par exemple ou la fonte du permafrost - engendre un effet de serre beaucoup plus important que le CO2. Mais il n'est pas 23 fois plus réchauffant, ce qui ne veut pas dire grand chose.
Cependant, une fois brûlé, comme tous les autres hydrocarbures, il génère du CO2 et donc n'est pas plus problématique que toutes les autres sources d'énergies issues de la combustion de matières carbonées.
En fait le message que tu veux faire passer est que son abondance pourrait entraîner l'humanité à continuer vaillamment à utiliser des sources d'énergies carbonées de toutes natures, accélérant ainsi les dérèglements climatiques déjà perceptibles.
Soyons donc précis dans l'information des citoyens svp. Le combat de l'humanité pour sa simple survie, consiste en fait à faire deux choses: limiter nos besoins en énergie par exemple en réduisant le gaspillage et nous tourner vers les énergies renouvelables et décarbonées. Plus facile à dire qu'à faire j'en conviens, mais si cette même humanité décidait d'y consacrer 1000 milliards de dollars par an, soit une proportion modeste des budgets militaires de la planète, les solutions pourraient être trouvées.
Le methane recupere de cette maniere est destine a etre brule, c'est a dire a etre transforme en CO2. Par ailleurs, la production d'enegie produite en brulant du methane, riche en Hydrogene, et plus importante que celle de n'importe quelle sorte de combustible fossile, a quantite de CO2 egale.

Donc, a priori, le methane, c'est mieux que le charbon ou le petrole.

Maintenant, le vrai probleme avec les hydrates de methane, c'est qu'ils ne soient directement liberes dans l'atmosphere en echappant a ceux qui veulent les recolter.

Et ce risque est agrave par le rechauffement climatique, mais aussi peut etre par l'exploitation elle-meme.

Apres, le methane ne reste pas indefiniment dans l'atmosphere comme le CO2. En fait, il se transforme assez rapidement en CO2. Mais dans l'intervalle, oui, il rechauffe beaucoup plus.
incroyable :le réel n'existe pas!!!!
comment peut on encore douter et continuer à nous POLLUER l'esprit avec des pseudos sommets su l’écologie !

"parler de liberté , n'a de sens qu'a condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre " Orwell

exactement l'inverse de la com qui a tout remplacé et dirige tout en ce bas monde (avec succès , il faut bien en convenir )

merci monsieur de votre travail et des minces espoirs qui semblent être les vôtres

on aimerait tant les partager!
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