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"Détecter Alzheimer 20 ans avant" : les médias généralistes s'emballent

Un article du Guardian, assurant que des chercheurs avaient mis au point un "test sanguin" permettant de détecter Alzheimer "20 ans" avant les premiers symptômes, a été repris par plusieurs médias français. Avec toutes les confusions et imprécisions de l'original.

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En fait, je ne me souviens plus si j'ai mangé du homard et avec qui....

Une collègue psychologue très investie dans la prise en charge de la maladie m'avait dit, dans les années 2000, qu'aucun médicament n'avait montré une réelle efficacité. Que par contre, un accompagnement relationnel adapté améliorait considérablement(...)

Ironie de la chose, c'est sur ce même site de Franceinfo que l'on trouvait ce 6 août un autre article, beaucoup plus court... reprenant la version erronée du Guardian. Un article publié après celui d'Allô Docteurs. 


C’est un test performant pour (...)

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La vieillesse est un naufrage. Comme il y a de plus en plus de vieux, il y a de plus en plus d'épaves. Donc de plus en plus d'épavistes.

La start up nation est mal barrée.

Pour info, ça pourrait être intéressant de faire un article sur le manifester #NoFakeScience qui appelle justement à une meilleure communication de l'information scientifique dans les médias...

L'étude en question ne mesure pas le taux d'amyloïdes béta, mais de neurofilaments, des protéines présentes dans les neurones. Elles ne sont pas liées spécifiquement à Alzheimer, mais leur concentration augmente dans le sang lorsque les neurones sont endommagées. Les auteurs lient leurs recherches à Alzheimer car ils ont étudié des patients souffrant d'une forme génétique de la maladie, mais rien n'indique qu'en général le taux de neurofilaments prédise la survenue d'Alzheimer plutôt que d'autre chose.

Concernant les résumés et la course au scoop:
https://cereales.lapin.org/index.php?number=1477

Pour ce qui est du manque de culture scientifique ou ne serait-ce que de curiosité scientifique de la part des journalistes, mon expérience, brève et partielle, me laisse croire que c'est quelque chose d'assez marqué en France plus qu'ailleurs.
Anecdote (ça n'en fait pas une généralité mais ça fait se poser des questions):
J'avais été surpris de voir un résultat scientifique d'un précédent institut allemand où j'ai travaillé à la une du Frankfurter, coincé entre Merkel et Cameron, alors que le sujet n'a aucune conséquence directe sur la société. C'était la mesure de la sphéricité d'une étoile, quasi parfaite -- alors que par exemple notre Soleil est très légèrement aplati. Le papier avait fait l'objet de brèves dans les rubriques scientifiques des sites des principaux journaux européens. Le Monde, Libé, le Parisien, le Figaro et toute la clique: nada. En France, seuls les sites d'astronomie avait repris les brèves de l'étranger. J'ai du mal à croire que le service de communication n'ait pas contacté ces journaux, ou alors ne se donnait-il plus la peine d'essayer, faute d'interlocuteurs sérieux et/ou enthousiastes.

De retour en France, les services de com que j'ai croisés ne comprennent aucun personnel à formation scientifique, contrairement à ailleurs. J'ai tendance à croire que cela ne favorise sans doute pas la situation, même si ils font de leur mieux. Entre les scientifiques qui communiquent mal et les journalistes qui racontent n'importe quoi, il y a un problème de poule et d’œuf auquel je ne vois pas de solution immédiate sans effort des deux côtés.

Ça peut paraître sans importance, mais dès que les sujets sont sensibles, comme en santé, ça décrédibilise totalement la recherche et ne risque pas d'arranger la situation politique pour celle-ci. (Qui est peu glorieuse, faut-il le rappeler ?)

Une collègue psychologue très investie dans la prise en charge de la maladie m'avait dit, dans les années 2000, qu'aucun médicament n'avait montré une réelle efficacité. Que par contre, un accompagnement relationnel adapté améliorait considérablement les symptômes et freinait l'évolution. 


Ouais, mais un environnement adapté coûte, alors qu'une solution médoc rapporte


Pour rigoler: j'ai d'abord lu non pas "vingt ans avant" mais "avant vingt ans"....

En fait, je ne me souviens plus si j'ai mangé du homard et avec qui....

Bien sûr votre article est sur la forme et c'est très bien...mais sur le fond ???

Se faire détecter 20 ans avant d'une maladie qu'on ne peut ni prévenir, ni ralentir, ni guérir .A part organiser son suicide assisté en Suisse ou en Belgique, quel intérêt ?

Ironie de la chose, c'est sur ce même site de Franceinfo que l'on trouvait ce 6 août un autre article, beaucoup plus court... reprenant la version erronée du Guardian. Un article publié après celui d'Allô Docteurs. 


C’est un test performant pour constater qu'à courir toujours derrière le scoupe les médias ont la mémoire courte.

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