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de la photocopie considérée comme un des beaux-arts

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Bonjour Monsieur Korkos,
Je découvre tardivement votre chronique sur les affiches de films.
Dans celle de la Fille de Monaco, vous avez omis une chose qui me semble importante : l'attitude du garde du corps, joué par Roschdy Zem, espionnant les ébats d'un couple est une nette réminiscence de "La vie des autres". Comme si Anne Fontaine voulait rattacher son film à une catégorie plus "noble" — et plus politique — que celle dont vous parlez, au risque de tromper sur la marchandise d'ailleurs…
Bien à vous.
PaX.
De même, on peut trouver un équivalent bande dessinée chez "le lecteur de Télérama, de l'Obs ou du Monde, qui lui, lit des bandes-dessinée-français-un-peu-légers (mais-d'auteur-quand-même)" dans l'hyper-marqueté collection "écriture" chez Casterman
http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue3/blankets.gif << la "belle photo", les regards qui en disent long, le lettrage sans empâtement... tout est la (notez en plus le fond blanc cassé plutot que blanc qui fait plus "grande litterature")
L'affiche de Babylon A. D, reprend aussi pas mal de code du manga.
http://www.bulledair.com/catalogue/catalogue2/coq_de_combat4.jpg << le cadrage penché, la dégaine du perso, la ville...
D'ailleurs le film cible à peu près le même type de lecteurs.
en cherchant un peu, on devrait en trouver un bon paquet
Alain Korkos, vous vous "lâchez" de plus en plus

Vous n'avez pas de chance, Thomas Lavergne, Télérama vient de choisir "Je me lâche" comme l' expression qui agace de la semaine... :-)
L'affiche de Babylon A.D me fait aussi fortement penser à celle de Dark City http://www.360jours.fr/wp-content/uploads/darkcity.jpg
Merci à Alain Korkos pour ce bel article et à vous tous pour vos contributions.

Si les affiches de comédies sentimentales sont simples et épurées, celles des films à grand spectacle sont souvent chargées, "épaisses", avec des personnages nombreux et des "bouts de scènes" avec décors.
Un peu comme si on voulait nous dire: "Entrez, entrez, Mesdames et Messieurs, vous en aurez pour votre argent. Nous avons mis des dollars dans cette production et ils se verront à l'écran comme vous pouvez le voir sur l'affiche.
D'ailleurs, autrefois (mais ça se fait peut-être encore ?) on pouvait lire sur les affiches des phrases du genre " Deux ans de tournage, 10 000 figurants, 1200 techniciens..."

Et nous nous souvenons tous, à la lettre et au chiffre près, de la parodie que Goscinny et Uderzo avaient faite de cette prose sur la couverture d'un de leurs albums:

[large]Astérix et Cléopatre[/large]
La plus grande aventure qui ait jamais été dessinée
14 litres d'encre de chine, 30 pinceaux, 62 crayons à mine grasse, 1 crayon à mine dure, 27 gommes à effacer, 28 kilos de papier, 16 rubans de machine à écrire, 2 machines à écire, 47 litres de bière ont été nécessaires pour sa réalisation !
Réponse à ce joyau de chronique en forme de rébus imagé :

Mon premier
Mon deuxième
Mon tout (ou plus simple ici).
Peut-être que je me trompe complètement mais je prends cette dernière chronique korkosienne comme un énorme cadeau bonux. Pourquoi ? Parce que suite à certains échanges vigoureux et contrastés chez l'ami Klein à propos de la promo du film d'Anne Fontaine, je suppute que l'ami Alain s'est réjoui de compter autant de cinéphiles au m2 sur @si. Et il s'est dit "tiens, si je chroniquais sur les affiches de cinoche ?"

Ah ben oui hein, l'élite ne se contente pas de téléramer, de mondaniser ou de nouvelobserver (très rarement pour le coup, je préfère libérationner à l'occasion) elle cogite, l'élite, elle gamberge ... à Paris-Plage ;-)) elle interprète signes, symboles et clins d'oeil ... En un mot, elle pense !

Donc merci encore Alain et bravo pour la belle ouvrage (au fait vous en êtes où pour votre augmentation ?)

**********************
"Dans la tête du lecteur de Télérama, de l'Obs et du Monde tinte une petite cloche qui lui suggère que ce film est pour lui..." La prochaine fois que je regarde une affiche, je serais plus attentif à la manière dont ça "raisonne" en moi : ding ding dong ...

;-))
Et les affiches de film illustrées par FLOC'H', alors ? (On connaît la chanson, Harry dans tous ses états, La Bûche, Vertiges de l'Amour, etc, etc.) C'est un genre à elle toute seule. On reste dans la catégorie "films-français[ou de Woody Allen]-un-peu-légers (mais-d'auteur-quand-même)" j'imagine.
Très originales quand je les découvrais, maintenant je trouve que trop c'est trop : il y a d'autres illustrateurs talentueux qui pourraient faire des affiches de film, non ? Pourquoi cet homme, aussi expert soit-il, détient-il le monopole exclusif de l'affiche de film dessinée ?
Et on n'a pas de chronique d'Anne-Sophie cette semaine ?
Le doublon AK-ASJ n'était-il donc qu'un bonheur éphémère de 2 semaines ?
On n'a pas de bonus cette semaine ?
Bonjour Alain,
Modeste contribution à votre article, avez-vous remarqué la surprenante similitude des affiches entre "Trust me" de Hal Hartley ici et celle de "My blueberry nights" de Wong Kar Wai ?
Tout ça était très intéressant et assez amusant.

Je ne partage pas vraiment votre [s]dégoût[/s]* mépris pour le bas peuple ou pour les élitistes. Je les vois comme je vois l'humanité: un ensemble de personnes avec des illusions sur elles-mêmes. Et qui n'en a pas ? Il faut bien savoir ce qu'on est, et en quelque sorte, "se raconter". Ceci est important. Allez vous prétendre que vous êtes entièrement honnêtes chaque fois qu'on vous parle, chaque fois que vous devez vous décrire ? Que ce soit pour les autres, ou que ce soit pour vous-mêmes.

Vous savez bien que non. Personne ne peut l'être, pas entièrement du moins. J'imagine qu'il y a des degrés d'honnêteté intellectuelle différents. Mais je ne vois pas en quoi on aurait le droit de se sentir supérieur ou de mépriser les gens, parce qu'il se trouve que notre degré à nous est supérieur au leur. Et je dis bien, "il se trouve". Cela représente certes du travail personnel d'être honnête, c'est dur; mais je considère que l'intention et la volonté de faire ce travail est plus quelque chose qui tombe du ciel, plutôt qu'une création personnelle.

Rassembler son courage, ça ne dure qu'un temps.

* (si, je partage ça)
Il en va de l'affiche de film comme du packaging. Si mon paquet de café est rouge, c'est un café un peu brut de décoffrage, spécial pour le petit déjeuner, pas trop cher. S'il est noir, c'est un café un peu plus raffiné, mais d'usage courant néanmoins. Si il est bleu, c'est un décaféiné. Si il adopte des tons bruns, il s'agit d'un café d'une origine géographique spécifique, avec un caractère particulier (corsé, doux, suave etc...). Le prix sera en général plus élevé que les paquets rouges ou noirs Avec ça je me repère du premier coup d'œil dans mon rayon, quitte à être un peu manipulé par les graphistes. Ces codes couleur, dont j'aimerais bien connaître l'origine, quoique bien établis, semblent un peu bouleversés en ce moment par l'arrivée de cafés bio ou issus du commerce équitable. Les dessinateurs de paquets de café seraient-ils devenus plus inventifs que les créateurs d'affiche? Les premiers en tout cas, n'ont pas prétention à faire de l'art, mais à faire vendre le produit au maximum. Comme les seconds finalement non?

Merci en tout cas pour vos chroniques savoureuses : suaves et corsées à la fois.
Juste une simple observation.
Les 3 personnages de la fille de Monaco ne sont (pour moi) pas séparés par des bandeaux... Ni par un trait bleu:
R Zem est contre un mur près de l'embrasure d'une porte par laquelle on voit les 2 personnages qui s'embrassent... Vaudevillien, peut être mais pas de bandeau...
MOi, les bandeaux m'évoquent plutôt les images horizontales de BABEL et de PAR EFFRACTION... (deux affiches quasi similaires)... Pour rester dans le propos de l'article!!!!
Merci pour cette chronique.

Il est à noter que Babylon AD possède au moins un point commun (voire deux) avec La possibilité d'une île: les deux films sont adaptés d'un livre d'un auteur français à succès (Babylon Babies Maurice G. Dantec pour le premier, le livre homonyme de Houellebecq pour le second). Le deuxième point commun éventuel? si l'on en croit les critiques, les deux films sont nuls.

Par ailleurs, Pinaille Man le super-héros dont le super-pouvoir est la sodomisation de diptères dans les fora @siens, tient à apporter une précision: la citation attribuée à Anaxagore de Clazomènes est inexacte: l'auteur de la formule frappante est bel et bien Lavoisier; ce bon vieil Anaxagore n'avait pas un tel sens de la concision (voilà ce que c'est d'écrire en grec ancien), et avait écrit de façon plus tordue: "Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau" (source)
Dommage que notre monde considère ces polices sans empattement comme le sommet de la modernité et de la classe ! Je les trouve pour ma part froides et sans personnalité ! Je pense à l'immense talent de Giambattista Bodoni qui nous laissa de si belles polices "à empattement" (la lettre "g" est son chef-d'oeuvre) et qui avait dit un jour :

"Je ne veux que du magnifique et ne travaille pas pour le vulgaire"

Les créateurs d'affiches cinématographiques auraient bien fait de s'en souvenir... Cela nous aurait évité la dictature de ces polices géométriques.

Merci Alain pour votre rubrique, comme toujours finement ciselée...
Alain Korkos, vous vous "lâchez" de plus en plus, dans le ton, je veux dire. Et c'est très drôle et tout aussi pertinent. Continuez comme ça. Mais à quoi ressemblerait l'affiche des chroniques d'Alain Korkos ?
Aaaaaaah le pouvoir de l'image .....
Je n'avais effectivement jamais remarqué que l'affiche induit le thème, l'intrigue et d'une certaine façon, la chute du film.

Maintenant, on peut aussi se demander si on a intérêt à que ces codes changent ? J'imagine mal une affiche avec un couple sur fond blanc qui présente un film d'horreur ou un polar. Ou plutôt, si jamais cela existait, le public risque d'être sacrément dérouté, et ce, même si le film est très bon.
En même temps, c'est plutôt pratique, cette iconographie explicite.

D'ailleurs, n'est-ce pas le cas de toute les images. Vous nous avez bien souvent montré que l'image ne se fait que dans un cadre de référence.
Alors, quoi ? C'est un peu lourdingue dans les affiches de cinéma. Ok, mais l'affiche n'est que le produit d'appel, pas [s]l'oeuvre[/s] , enfin " l'oeuvre " .

Moi, quand j'achète un livre, c'est pareil, je me fie d'abord à la couverture, à la collection qui par ses codes visuels m'indique ce que je vais trouver, en principe. Ca me fait gagner du temps. C'est bien.

Maintenant, pour ce site, il me plairait de voir ce genre d'analyse porter sur les génériques des émissions télé : couleurs dominantes, découpe du cadre, lettrage, musique ... , avec ensuite des catégories :
- le prétentieux,
- le Téléramique,
- le Brunisateur,
- le "production SFP "
- le " avec-des-vrais-morceaux-de-nichon-dedans "
- le "Albert-Londres-en-veste-reporter-beige "
- ....
Caramba !

Déjà que l'été est une catastophe pour les amateurs de films de SF Fantasy. Que des blockbusters inintéressants ! Pas un seul petit film italien ou américain à se mettre sous la dent.
Et pour finir, arrive Babylone AD. Certainement un peu violent, mais une affiche qui me fait penser à une scène culte de Blade Runner, alors un film de SF qui a des références de ce type, c'est tout bon.
Je me faisais une fête d'aller le voir ce week end, et qu'est ce que je lis dans @SI ? Que c'est un film à classer pour "zadôboutonneux travaillés par leurs hormones" !!!!

Caramba ! Le coup de grâce a été décoché par @SI, et en la personne d'Alain Korkos, le doux et agréable Alain Korkos !
Remarquez, ça ne m'étonne pas de quelqu'un qui croit que la norme dans l'art islamique, c'est d'accepter la représentation animale et humaine et que quelquefois ça se durcit par une interdiction peu longue. Alors qu'évidemment c'est tout le contraire.
Mais j'irai quand même le voir ! Na !

Trêve de plaisanterie ! Très intéressant décryptage. Le genre de lecture qu'on fait inconsciemment sans jamais la développer de cette façon. Bravo !
Coucou Alain ! J'ai adoré cet article et il m'a bien fait rire. Mon petit doigt me dit qu'il se trouve par ici pas mal d'amateurs du "film-français-un-peu-léger-mais-d'auteur-quand-même".
Fascinant ! Et très instructif.

Merci Alain.
Sujet tres interessant et complet, mais dans combien de cas le plagiat provient de la meme boite de graphisme ou du meme graphiste freelance ? Souvent d'ailleurs le client reclame la ressemblance a une affiche deja publiee, et parfois le distributeur demandera la meme affiche que pour un film qu'il a distribue a une certaine epoque.

Il faut aussi noter que pour un meme film la composition d'une affiche peu differer enormement d'un pays a l'autre offrant encore bien des possibilites dans le plagiat :)
Guerre en Géorgie, avion qui s'écrase en Espagne, tragique embuscade en Afghanistan, BHL qui béachellise, les catastrophes s'enchaînent en cette veille de rentrée.
Que dire, que faire ? Nous nous tordons les doigts, et ne trouvons pas de réponse. Alors, en désespoir de cause, nous nous réfugions (avec un léger sentiment de culpabilité) dans la futile contemplation des affiches de films de la semaine.

Mission accomplie, même si cela ressemble à un remake de la chronique "un oeil rond dans la nuit", ce qui explique le "léger" sentiment de culpabilité pour cette mise en abîme du syndrome de la photocopie.
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