Versailles, le mystère des pressions et des promesses
Le matinaute
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chronique

Versailles, le mystère des pressions et des promesses

Ainsi, il y aurait eu "des menaces"
Lang Balladur

, "des chantages". Pour s'assurer du vote favorable à la réforme constitutionnelle d'un certain nombre de députés et sénateurs centristes, radicaux ou "villepino-chiraquiens", le pouvoir se serait livré à toutes sortes de pressions. Avec le déploiement universel de Sa Cohérence Jack Lang, c'est un des thèmes du matin.

Des pressions, mais lesquelles ? A lire la presse, le matinaute cherche en vain des exemples précis. Les précisions sont même inversement proportionnelles à la vigueur des dénonciations.

"Les parlementaires de la majorité indécis en particulier les chiraco-villepinistes deviennent l'objet de toutes les sollicitudes de l'Élysée, écrit Le Figaro. La dernière semaine, l'atmosphère se tend et les accusations de «pressions» et de «menaces» vont bon train à droite. «J'ai été au Parlement pendant longtemps, jamais je n'ai vu ce genre de procédé», affirme Philippe deVilliers".

Mais on n'en saura pas davantage. Manque de sources, peut-être ?

"Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et François Fillon se sont réparti les rôles, confirme Libé. Au premier de valider les tractations de coulisses déployées pour «retourner» les centristes, les radicaux et autres fortes têtes de la majorité (sur les investitures et soutiens aux sénatoriales de septembre, les missions et coups de pouce locaux en tout genre...).Samedi, les villepinistes Hervé Mariton (Drôme), dont «la circonscription n'est pas en béton armé et qui ne veut pas compromettre ses chances de rentrer un jour dans un gouvernement», dixit un ténor de l'UMP, et Georges Tron (Essonne), à qui l'on a promis plus de considération, ont suivi.Un responsable de l'UMP est plus menaçant : «Si Folliot joue au con, il va lui arriver des bricoles : il y a une circonscription à supprimer dans le Tarn !»"

Missions ? Coups de pouce locaux ? Considération ? Redécoupage ? Aucun recoupement direct auprès des intéressés. Manque de temps ?

«Difficile pour un élu domien, y compris de gauche, de résister au rouleau compresseur du gouvernement qui lui promet des kilomètres de bitume dans sa circonscription enclavée!» déclare dans 20 Minutes une source socialiste. «C'est une semaine qui risque de coûter cher aux finances publiques...», persifle un parlementaire UMP, «atterré» par de tels «marchandages» pour une réforme «qui ne mérite pas tant d'énergie».

Mais toujours pas de nom. Aucune précision sur les "kilomètres de bitume" promis. Et c'est finalement une députée villieriste qui livre le seul témoignage de première main :

"Evoquant des «appels» fréquents, la députée MPF Véronique Besse, qui entend toujours voter non, explique: «on me demande ce que je veux», «si une mission sur la famille me ferait plaisir, en me disant qu'on s'arrangera sur les conditions» financières."

Une chose est certaine : la presse, par pudeur certainement, s'étant montrée particulièrement discrète sur les détails, les parlementaires seront en première ligne pour demander la création...d'une commission d'enquête parlementaire sur la création des prochaines "missions", et sur leurs conditions financières.

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