Peau neuve
Le matinaute
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chronique

Peau neuve

Bienvenue sur notre nouveau site, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre

Et voilà. C’est fait. Si vous me lisez ce matin, c’est que notre vaillante équipe a réussi le transfert d’un site à l’autre, du site de nos dix premières années, au site des dix (ou vingt ? Ou trente ?) prochaines.

Nous avons voulu que le site soit en ligne pour son dixième anniversaire. C'était le 8 janvier 2008. Et nous voici donc, le 8 janvier 2018.

Toutes les nouveautés de cette deuxième version (V2 pour les intimes), je ne peux pas les énumérer. Je vous laisse donc les découvrir. Certaines sont encore, à l'heure où j'écris, en cours d'installation. Merci pour votre patience.

Alors je me limite à deux aspects.

nos petites obsessions

Ce qui va d'abord vous sauter aux yeux, c'est la nouvelle allure du site (en langage de gens qui connaissent, on dit 

identité visuelle

(J'adore cet élégant grisé pour les citations)

C'est le lot de toutes les innovations : vous aimerez ou vous n’aimerez pas (on espère tout de même que vous aimerez). Les forums sont là pour que vous puissiez le dire.

Vous appréciererez, j'espère, la distinction vidéosphère / graphosphère. Univers vidéo en noir, univers écrit en blanc. La mise en valeur de l’espace vidéo témoigne de notre désir de multiplier les vidéos courtes.

Comment faire pour que vous plongiez en profondeur dans nos contenus ? Il y avait déjà les dossiers. Nous en avons créé 300 et quelque. Mais comment s'y retrouver ? Nous avons donc regroupé ces 300 dossiers en une dizaine de chaines thématiques, qui donnent une idée d'ensemble de nos petites obsessions (complotisme, publicité, pédagogie, intox, etc). Cela favorisera une entrée directe dans les dominantes du site.

Cette refonte a été un grand chantier. Bien plus long que la construction du premier site, alors bouclée en trois mois, à l'automne 2007.

Il ne faut pas s'en étonner. Le premier site, nous l'avons construit à partir de rien. Cette fois, il a fallu transférer dans la nouvelle version dix ans d'articles, d'émissions, de photos, de vidéos.

Et surtout, surtout, toutes les données de nos abonné.e.s (oui, nous avons introduit à cette occasion l'orthographe inclusive sur le site). Et on s'est rendus compte avec effarement à cette occasion qu'on avait plus de...50 catégories d'abonnés. Sans compter les abonnées.

Dix ans : un bilan (rapide)

2008-2018 : l'occasion de se pencher sur une décennie de révolution médiatique. Voici dix ans, j'en étais certain : les nouveaux medias en ligne, légers, maniables, indépendants, riches des promesses de l'interactivité, allaient enterrer les lourds médias traditionnels, propriété en France d'une poignée d'hommes d'affaires.

Mais rien ne se passe jamais comme prévu. Dix ans plus tard, les médias traditionnels sont encore là. Cabossés, harcelés sur les réseaux sociaux, ils perdent imperceptiblement du terrain, mais n'empêche : on écoute les mêmes radios le matin, on regarde distraitement les mêmes JT du soir. Dans bien des domaines, ils gardent la main sur le "guichet d'entrée" à la conversation nationale. Et notre site en sait quelque chose, dont les articles et les émissions sont si rarement repris, et l’équipe si rarement invitée -rançon de notre indépendance.

Les dollars de Facebook

Et du côté des nouveaux médias ? Le bilan n’est pas plus réjouissant. Une première génération de "pure players" ayant fondé leur modèle sur la pub a disparu. Si une nouvelle génération arrive (Brut, Buzzfeed, etc), il faut bien constater que pour l'instant, dans le domaine de l'information, le numérique a surtout accouché des bulles de filtre de Facebook, et en dernier ressort des fameuses fake news sur lesquelles a surfé Donald Trump. Fruit monstrueux de ces bulles : un état de guerre virtuelle permanente, par exemple, en France, à propos de la laïcité, dont la récente “guerre” entre Mediapart et Charlie a donné la navrante image.

Comment aider les citoyens à déjouer ces intox, sans porter atteinte à la liberté d'expression ? Tandis que Macron annonce une loi "anti fake news", plusieurs médias français ont choisi de s'enrôler sous la bannière de Facebook, et avec son aide financière. Sur ce site (garanti sans un seul dollar de Facebook), on observera l'opération avec attention.

ni mainstream ni fakenews !

Et nous, dans quelle direction allons-nous aller ? Eh bien on va tenter de se faufiler entre les lignes, comme d’habitude. Nous allons tenter de maintenir, de tous côtés, une égale vigilance. Entre les narrations dominantes hypnotiques des pouvoirs, et les contre-narrations souvent hystérisantes des réseaux sociaux, nous ne nous lasserons pas de tenter toujours le pas de côté, par exemple dans cette enquête, la première de l’année, sur la tumultueuse protection privée de Charlie Hebdo. Tout en gardant l'oeil ouvert sur l'increvable vieille télé (voir cette chronique de Sherlock sur les grivoiseries lourdingues de Patrick Sebastien, ses princesses et ses caniches).

Ni mainstream, ni fakenews, dans la même mission de dépollution à l'égard des deux : voilà notre chemin de crête. Avec la formidable indépendance que, depuis dix ans, vous nous offrez. Merci encore, et très belle année à tou.te.s.




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