Notre deuxième livre, Allah n'y est pour rien !
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Notre deuxième livre, Allah n'y est pour rien !

C'était évident. Quand nous avons reçu Emmanuel Todd en mars dernier, pour parler du printemps arabe, et du rôle qu'y avait joué la démographie, dès le lundi matin suivant, nous avons souhaité en faire un livre.

Pourquoi ? Parce que Todd dépasse par le haut notre lancinant débat sur l'Islam. Il le dépasse par l'Histoire millénaire, saisie dans ses permanences: la manière dont les êtres humains s'aiment, s'unissent, et se perpétuent, leur éducation, leur durée de vie. Toutes ces données sont disponibles, mais silencieuses, aussi longtemps que n'arrive pas un Todd pour les faire parler. Elles font en tout cas beaucoup moins de tapage que les polémiques islamophobes dont retentissent les journaux télévisés.

Il fallait tout faire pour couvrir ce tumulte. Il fallait crier le plus fort possible, que "Allah n'y est pour rien".



Ce livre est très différent du premier. Cette fois, c'est une conversation de plateau, qu'il a fallu transposer à l'écrit. Comment faire ? Garder les "euh", les fameux "j'veux dire" de Todd pointés par Judith dans notre dernière émission ? Au contraire, endimancher l'élocution, lui passer la cravate au cou ? Nous avons choisi une voie médiane. Nous avons volontairement conservé le caractère spontané, parfois décousu, de la conversation. Rien ne serait pire que de figer cette pensée bondissante, dans des certitudes artificielles. Todd ne nous dit pas ce qu'il faut penser. Il nous apprend à penser. Mais nous avons reconstruit des phrases bancales, complété des réponses (et des questions) incomplètes, j'ai re-questionné Todd, hors antenne, sur des points qui restaient en suspens, bref nous avons tenté de faire de cette conversation un livre agréable à lire.

Voilà. Le livre est fait. Vous pouvez le feuilleter ici, le commander ici. Comme le précédent, vous pouvez en commander plusieurs, à prix réduit, pour faire savoir autour de vous que "Allah n'y est pour rien". Vous ne l'offrirez jamais assez.

J'espère que vous lui ferez aussi bon accueil qu'au premier, "Crise au Sarkozistan". 24 397 vendus sur Internet (dont 3849 packs de 3 ou 4 livres), plus 2600 en librairie. 2600, c'est peu. Peut-être le mode de diffusion que nous avons choisi (envoyer les livres aux libraires "en compte ferme", sans possibilité pour eux de renvoyer les invendus) n'était-il pas adapté à leur système complexe d'information. Tous les libraires, c'est le moins qu'on puisse dire, n'ont pas joué le jeu. Ceux qui l'ont fait n'ont pas été déçus (par exemple, la FNAC Montparnasse, à Paris, l'a recommandé plusieurs fois).

Bref, pour celui-ci, nous n'avons pas encore décidé si nous l'enverrons, ou non, en librairie. A priori, je suis sceptique. Dire que "Allah n'y est pour rien", est une pensée encore aujourd'hui tellement à contre-courant, que je doute fort que de nombreux médias traditionnels y fassent écho, écho sans lequel il est vain d'aller tenter sa chance en librairie. Comme agents de diffusion, libraires, critiques littéraires, représentants, je crois bien que nous serons amenés, cette fois encore, à compter uniquement sur vous. Mais nous ne nous en plaignons pas. Vous êtes largement aussi efficaces que les professionnels, vous l'avez prouvé.

En fera-t-on d'autres ? Certainement, mais je ne sais pas encore lesquels. Les livres nécessaires. Tous les livres nécessaires, rien que les livres nécessaires. Nous n'avons toujours pas de "département édition", et pas prévu d'en créer pour l'instant. C'est le message qui commande, pas la structure.

Encore un mot sur Emmanuel Todd. Evidemment, nous souhaitons l'exploiter davantage et, dans l'année décisive qui commence, contribuer à faire entendre régulièrement sa voix. Il y est d'ailleurs disposé. Mais comment ? L'inviter plus régulièrement sur nos plateaux, comme chroniqueur ? Mettre en chantier d'autres livres ? Pas facile, de faire la place qu'il mérite à un oiseau pareil. Nous en discutons en ce moment avec lui. Tout est sur la table, comme on dit. Il se pourrait bien que cela conduise à un reformatage général du site, pour se mettre en position, non plus seulement de critiquer les médias traditionnels, mais d'accueillir les débats qu'ils n'accueillent pas, comme nous avons commencé à le faire, non seulement avec Todd, mais aussi, par exemple, avec notre émission de la semaine dernière sur la décroissance.

Tout cela, c'est pour demain. Aujourd'hui, à vous de contribuer à porter le plus loin possible une parole inattendue.

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