Virer Bolsonaro, ou acheter des réserves naturelles ?
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Virer Bolsonaro, ou acheter des réserves naturelles ?

C'est un domaine de plaines, de forêts, de falaises, de quelque 500 hectares, au coeur du Vercors. Voici quelques années encore, on y organisait des safaris, pour des chasseurs fortunés.  Depuis le début de cette année, cerfs, loups, aigles, gypaëtes, y vivent en paix : la réserve de chasse a été transformée en réserve naturelle. Le domaine est en voie de rachat par une association,  l'ASPAS (association pour la protection des animaux sauvages). C'est sa quatrième acquisition en France. Vous n'en avez jamais entendu parler ? Normal. Seule la presse écolo s'est intéressée à cette expérience pilote (ici le reportage de Reporterre), avec quelques rares exceptions : un reportage de France 3 Rhône Alpes, et un autre de Libé

Jusqu'à ce matin, je n'avais jamais entendu parler non plus de l'ASPAS. Jusqu'à une rapide allusion de Guillaume Erner, sur France Culture, à ces gens qui rachètent des terrains dans la Drôme. Erner se demandait si de telles initiatives pouvaient représenter une alternative à toutes les idées de mutualisation des biens communs planétaires, qui jaillissent de partout, depuis que Bolsonaro se fait une gloire de laisser brûler l'Amazonie.

Que l'Amazonie soit un bien commun  planétaire, qu'on ne puisse pas l'abandonner aux sinistres fantaisies d'un clown, c'est le bon sens. Les politiques (et les medias) européens ont jusqu'ici été largement indifférents, aux soubresauts de la politique brésilienne, à l'incarcération de Lula, à la destitution de Dilma Rousseff, faussement accusée de corruption par les medias internationaux, ou à la nomination comme  ministre de la Justice de Bolsonaro du juge d'instruction qui fait "tomber" Lula. Les pays européens tirent largement parti de la déforestation amazonienne, en se précipitant sur le soja transgénique brésilien. Reste à inventer la manière, "en respectant la souveraineté de tous les Etats" (mantra, encore répété par Macron après le G7) de mondialiser l'Amazonie brésilienne. Il y faudra sans doute beaucoup d'habileté, et de ruse.

De l'habileté, Macron n'en a pas manqué (avec le concours zélé des chaînes d'info françaises) pour maquiller en tricolore les résultats du G7. Sur la taxe GAFA, sur l'Iran, rien n'est réglé, sinon que l'on a dégagé avec Trump (devenu presque fréquentable, aujourd'hui, comparé à Bolsonaro) quelque chose qui a le vague goût d'un accord, ou d'un non-désaccord. Je n'ai pas envie de tirer, par principe, sur l'habileté. S'agissant du climat, tout sera bon. Mieux valent des dirigeants habiles qui agissent, que des vertueux qui campent sur des postures. Rien ne sert de parler à Trump ? Peut-être. Mais ne pas lui parler serait pire. Reste que sur l'Amazonie, et sur l'écologie en général, comme l'ont relevé les ONG, pas un mot. Le bilan "planète" du G7 s'est réduit à peu près à une annonce des armateurs français, qui pourraient réduire la vitesse de leurs porte-containers, et éviter la route du Nord (voir le matinaute d'hier), annonce saluée comme de juste, sur France Inter ce matin, par Dominique Seux.

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