Un Hollandais sans peur et sans zigzags
Le matinaute
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chronique

Un Hollandais sans peur et sans zigzags

A quelque chose, les tweets ont du bon, avec leur concision obligatoire.

Vu de l'étranger, par les militants des libertés numériques, les choses sont claires. "La ministre française de la Justice démissionne héroïquement pour protester contre les atteintes aux libertés. Rempacée par un dur", dit Glenn Greenwald. Dans la lointaine péninsule française, où le ciel n'en finit pas de s'assombrir, un faucon succède à une colombe. Fermez le ban. Et en effet, si on a désormais deux ministres de l'Intérieur (la philosophie d'Urvoas est expliquée ici), la Justice, elle, est sans ministre.

Vu de l'intérieur, pas à dire, le coup est réussi. La surprise, qui aura pris de court tous les perroquets de la presse...

Deux titres du site FranceTV info, les 8 et 27 janvier 2016, rassemblés par le site Acrimed

... le tweet d'adieu (il est là), et surtout le vélo, un solide Hollandais jaune, un Hollandais à principes, lui, un Hollandais sans louvoiement, sans peur et sans zigzags, pour tracer droit sa route, ne pas se laisser chavirer par l'empressement des entourages, les filmeurs à moto, les fans et les ennemis.

Parfois, résister, c'est rester. Elle est longtemps restée, sans résister à grand chose, alibi-colibri de l'état d'urgence, avaleuse de couleuvres, tumultueuse ensilencée.

Parfois, résister, c'est partir. Ce départ sans bavure, outre qu'il efface instantanément toutes les couleuvres avalées, lui ouvre grandes, pour la suite, les portes de la "grande primaire de la gauche", si l'idée devait prospérer. Elle dit ne pas vouloir s'y présenter. Mais résistera-t-elle à la pression des amis qui traverseront l'océan pour venir la supplier, dans son Colombey de Cayenne ? Personne ne peut douter qu'elle trouvera bien une citation de Césaire, en bande-son de son retour en fanfare.

Sa claque, dans les règles mais cinglante, au binôme Hollande-Valls, la place au centre géométrique de toutes les peuplades de la gauche sociétale, si parfaitement qu'on dirait que cette idée de "grande primaire de la gauche" a été taillée pour elle. Nombre d'électeurs flottants, affamés en 2012 d'une présidence "normale", après la transe sarkozyste, pourraient bien désirer éperdûment une présidence à principes, et qui s'y tienne, à ses principes, et qui les défende, même s'il faut avaler en prime quelques cuillérées de lyrisme. Si la "primaire de gauche" devait s'organiser, et si elle s'y présentait, elle aurait toutes ses chances, et même encore plus. Quant à dépasser Le Pen au premier tour, et a fortiori ensuite battre Juppé, ce sera autre chose, mais on n'en est pas là.

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