Un candidat comme les autres
Le matinaute
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chronique

Un candidat comme les autres

- Nous recevons aujourd'hui Nicolas Sarkozy, candidat comme les autres...



- Bonjour, je suis tellement content d'être ce matin à France Inter !

- Nous aussi. Nous aimerions vous parler de...

- Comme vous avez raison. Ce sont des sujets de fond. Il est important de prendre du temps pour traiter vraiment les vrais sujets de fond...

- Donc, à propos de vos promesses non ten...

- Je veux dire: d'en parler sérieusement.

- Bien sûr. Donc vos prom...

- Mais vraiment sérieusement, n'est-ce pas ?

- Naturellement. Par exemple, la taxe carb...

- Ah oui parlons-en. Mais vraiment. C'est un sujet tellement complexe. Comme disait Victor Hugo, c'est tellement dommage de simplifier les choses. Si vous saviez comme on souffre du tempo médiatique. Chateaubriand en a tellement souffert.

- Justement, la souffrance, les affects, vous...

- Et pas seulement complexe, mais je voudrais dire aussi: important. Je crois qu'il est important de souligner l'importance de ces questions.

- C'est une question d'affects, une présidentielle ?

- Si vous me le permettez évidemment, je préfère parler de sentiments, plutôt que d'affects. Et je crois important de le dire. Moi, je suis un homme comme un autre. Puisque vous me faîtes la gentillesse de me laisser un peu de temps, je voudrais bien l'expliquer à vos auditeurs. J'aimerais tellement que vous puissiez me connaître mieux. Venez me voir. Je voudrais qu'on se revoie.

- Oui, mais nous perdons du temps, là...

(quatre bips de huit heures)

- Je suis désolé. Je n'aurais pas dû vous interrompre. Mais ce sont des choses tellement importantes, il faut que les gens comprennent bien, je m'excuse de m'emporter un peu, mais je voudrais que vos auditeurs comprennent bien que les choses ne sont pas simples.

- A propos de la BCE, de la croissance, de l'encadrement des loyers, du livre d'Anne Lauvergeon, du vote de Martin Hirsch, du prix de l'essence, de l'affaire Bettencourt, des conflits d'intérêt, on a du mal à comprendre que...

- Mais pas du tout. Pas du tout. Ce que vous dites est parfaitement respectable, même si ça ne correspond pas à la réalité. C'est la démocratie, je l'accepte comme tel. Mais je veux dire que ce que je dis, je l'ai toujours dit. C'est important de le dire.

(quatre bips de neuf heures).

- Merci d'être venu. C'était Nicolas Sarkozy, candidat comme les autres.

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