Thomas Pesquet, l'antidote
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Thomas Pesquet, l'antidote

"Vous avez été sélectionné parmi plus de 8000 candidats. Qu'est-ce qui a fait la différence ?"

demande Hélène Jouan au jeune (36 ans) spationaute français Thomas Pesquet. C'est vrai, ça. Bonne question. Comment choisit-on, parmi 8000 candidats, le spationaute qui s'envolera en 2016 dans la station de l'Agense Spatiale Européenne ? Ses compétences techniques ? Sa rapidité en calcul mental ? Son moral d'acier ? Ses biscotos ? Et l'élu, délicieusement modeste : "Je ne sais pas. On ne m'a pas vraiment dit tu as été meilleur en ça, et moins bon en ça".

Qu'est-ce qui a fait la différence ? C'est vrai. On se demande bien. Depuis qu'il est arrivé sur le plateau du Grand Journal, dans sa magnifique combinaison bleue, Barbara Pompili, députée EELV, le dévore des yeux. Où l'on apprend que la députée, toute petite, a rêvé d'être spationaute. Pas de chance, elle fait députée, et vogue en pilotage automatique de plateau en plateau, pour expliquer pourquoi les Verts restent au gouvernement. "Il réalise mon rêve" avoue-t-elle. "Il vous fait rêver"  tente de traduire de Caunes qui ne détesterait pas la naissance en direct d'une idylle intersidérale, là, tout de suite. Et Pesquet, le ramenant sur terre : "Ce n'est pas ce qu'elle a dit". Sacré Thomas, programmé sur le millième de seconde. Etre confiné six mois dans une boîte de conserve avec des Russes et des Américains, par les temps qui courent ? Il adorerait. S'il pouvait "empêcher les antagonismes de devenir trop antagonistes !" On lui projette des images d'une blonde aérienne testant l'apesanteur en bikini ? Réponse classieuse : "D'un point de vue strictement professionnel elle est à l'aise, elle a pas l'air malade, c'est pas donné à tout le monde". Sacré Thomas, indifférent au foot, et qui n'hésite pas à le confesser ici, au coeur du temple. Certes, quoique pilote de ligne, il ne sait pas où est passé le Boeing malaisien, mais personne n'est parfait. Tout pour lui.

Qur'est-ce qui a fait la différence ? Réponse enregistrée de la ministre de la Recherche, Geneviève Fioraso. "Il est bon, extrêmement déterminé, c'est une personne brillante.  Et il suscite immédiatement la sympathie, et ça c'est aussi un facteur de sélection."  Eh bien voilà. Hélène Jouan la tient, sa réponse. Politiquement correcte, Fioraso n'a pas dit explicitement que Pesquet était supra-beau gosse, mais l'information crève l'écran. En ces temps d'austérité, plus que d'habitude, il va falloir plaider pour le maintien des crédits aux vols habités. On peut parier que ce héros français conçu par ordinateur, antidote idéal à la morosité, à la ronchonnerie et au déclinisme, va passer au moins autant de temps sur les plateaux de télé qu'à l'entrainement.

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