TF1 : tout va bien
Le matinaute
Le matinaute
chronique

TF1 : tout va bien

Un seul bouton vous manque...Ah, il a bonne mine, le matinaute

, les jours de grève de France Inter. Vous le verriez errer d'Europe 1 à RTL, de Lagardère à Bertelsmann, en slalomant pour éviter les pubs. C'est quand on est privé de France Inter, que se révèle dans toute sa cruauté l'addiction au service public. O affres de huit heures huit minutes, carrefour des tragédies. Après la pub, Europe 1 promet le témoignage très fort d'une jeune fille qui vit dans le même immeuble que son agresseur sexuel. Restez avec nous! Au même instant, RTL annonce après la pub le témoignage bouleversant d'un proche du spéléo retrouvé noyé dans l'Ardèche. Surtout ne partez pas! Agression sexuelle contre mort du spéléo : rien à dire, on a le choix. De la même manière qu'on a le choix d'entendre Elkabbach expliquer à Guigou que les manifs ne servent à rien, puisque le gouvernement ne reculera pas, ou Aphatie interpeller Ayrault sur l'utilité des manifs, puisque le gouvernement tiendra bon.

De quoi se plaint-on ? Vive le pluralisme ! Et dans ce magnifique paysage pluraliste, on serait vraiment malvenu d'insulter les journalistes. C'était l'argument de mon confrère du Monde, Arnaud Leparmentier, dans une émission de i-Télé, hier, dont l'un d'entre vous a donné le lien dans le forum. Assez, les insulteurs ! Assez, les Mélenchon ! Qu'on cesse donc de les inviter ! C'est drôle, l'enchaînement de "l'affaire Mélenchon Pujadas" me rappelle l'affaire Peillon ( vous vous en souvenez, de l'affaire Peillon ?) Une transgression initiale dont je ne sais trop que penser, et une telle levée de boucliers de la corporation outragée, qu'elle me fait basculer immédiatement du côté du transgresseur.

Tiens, à propos du Monde. Le journal consacrait hier une double page à la grave question de savoir si TF1 est une chaîne délinquante, comme l'en accuse Montebourg. Une double page entière. Eh bien vous savez quoi ? De l'avis général (CSA, journalistes, experts consultés) tout va bien. La chaîne dérape parfois un peu certes, mais raisonnablement, et pas plus que les autres. Vous m'auriez vu, lisant le journal. Quelques jurons, je l'avoue, m'échappèrent. "S..." "L..." "L..." C'est bien simple, je n'ose même pas les répéter ici. Pas un mot, pas un seul, dans cette double page, sur la manière dont la chaîne Bouygues s'asseoit sur son cahier des charges, s'agissant des émissions pour la jeunesse. Pas un mot, pas un seul, sur l'entourloupe législative, qui lui a permis de prolonger sa concession jusqu'en 2023. Quelques petites lignes, tout de même, sur le refus de la chaîne de programmer un magazine politique, mais comme dit le Sage Rachid Arhab, du CSA, "nous avons beaucoup de discussions avec les responsables de l'information, et ils sont très à l'écoute". Tout va bien, on vous dit. Arhab, la semaine dernière, était furieux que nous ayions écrit que "les sages dorment". Pardon. Ils ne dorment pas, ils discutent. Beaucoup. Et qu'on se le dise, rien ne les empêchera de continuer. Jusqu'en 2023.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Lire aussi

Twitter et Facebook censurent le New York Post

La lutte contre les infox prend une nouvelle dimension

TF1

Mediapro, de sauveur à fossoyeur du foot français

Le diffuseur majoritaire du championnat de France refuse de payer ce qu'il doit aux clubs

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.