Solar Impulse, dans les brumes de l'info
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Solar Impulse, dans les brumes de l'info

Longtemps longtemps après qu'on aura oublié les noms de Manuel Valls

, de Michel Onfray, de Claude Guéant, voire même de Yanis Varoufakis et de Jeroen Dijselbloem, vedettes de l'actualité du jour, on se souviendra sans doute de ceux de Bertrand Piccard (lire ici un excellent portrait) et André Borschberg, les deux co-pilotes par roulement de Solar Impulse 2, qui a décollé dans la nuit d'Abu Dhabi, pour son premier tour du monde à énergies renouvelables. Absurde ? Allons, comment donc s'appelaient le président de la République ou le président du Conseil, à, l'époque de Blériot, de Roland-Garros, ou de Lindberg ? (Pour vous rafraichir la mémoire, regardez donc notre émission du...2 août 1914).

Et pourtant. Si le décollage de Solar Impulse 2 fait l'ouverture du journal de 8 heures de France Culture, il ne fait pas celle du journal de France Inter,. D'accord, l'exploit est médiatisé, on ne dira pas le contraire. Mais médiatisé en marge, dans le petit coin réservé aux informations insolites, aux belles images de pandas, ou, au mieux, à l'actualité scientifique. En compétition avec les péripéties politiques, économiques, ou militaires, Solar Impulse 2 ne fait pas le poids. Comme si ce n'était pas, aussi, un immense événement économique, écologique, et donc, un jour ou l'autre, forcément politique.

Pourquoi Solar Impulse 2 n'écrase-t-il pas tous ses concurrents, dans la compétition pour la Une ? L'événement offre pourtant une manière joyeuse, ludique, spectaculaire, donc ultra médiatico-compatible, d'évoquer le potentiel des énergies renouvelables, Les concepteurs ont d'ailleurs fait tout ce qu'il fallait, y compris positionner l'appareil, dans ses vols de préparation, pour offrir les plus beaux cadrages possibles, comme cette superbe image des Mille et une nuits...

...cliché pris au cours d'un vol de préparation, le 26 février, et autrement plus évocateur que celui-là...

...saisi au cours du véritable départ pour le tour du monde.

Alors ? Alors les raisons, on les connaît bien. Hypertrophie des péripéties politiques nationales dans les medias généralistes, nez collé à l'actualité à court terme, préférence donnée aux récits de crise sur les récits optimistes, tout cela est connu. Et, heureusement, n'empêchera pas l'oiseau de voler.

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