Sarajevo, macédoine mémorielle
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chronique

Sarajevo, macédoine mémorielle

C'était hier, c'était demain : pour le centenaire de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand

, France Inter s'est décentrée à Sarajevo. Comment cuisiner l'Histoire à la sauce d'aujourd'hui ? Au menu, salades historiques et macédoine mémorielle, par quelques prestigieux invités locaux dénichés par la station. Thomas Legrand revient sur le voyage ambigu de Mitterrand pendant les guerres de Yougoslavie ; pour conjurer le fantôme de la guerre, Bernard Guetta en appelle évidemment au succès du sommet européen qui, heureux hasard, se tient aujourd'hui. Ô Jean-Claude Juncker, préserve-nous des apocalypses prochaines ! Une pincée de guerre des mémoires entre historiens serbes et bosniaques et, au milieu du saladier, l'historien Antoine Prost raconte l'attentat contre l'archiduc. Ah j'oubliais : on annonce aussi Bernard-Henri Lévy. Et Fourest, et Boutin ? Elles étaient prises ?

Une commémo, coincée entre deux matches des Bleus, et on se dépêchera d'oublier avant le Tour de France. Elle est si loin, la guerre de 14 ! Pourtant, le vertige qui saisit quiconque se plonge dans l'histoire de l'attentat de Sarajevo, ses racines, et évidemment ses suites, n'est comparable à aucun autre. Deux coups de feu sur un coin de trottoir, deux coups de feu tirés presque par hasard, dans cette ville dont aucun Français, aucun Allemand, aucun Britannique, aucun Russe, ne connaissait alors le nom, et c'est parti pour un siècle d'horreurs et de carnages. Sur la nature et les protagonistes d'un engrenage diplomatico-politico-économico-psychologique conduisant à la boucherie, sur les rôles respectifs qu'y jouent les politiques, les Etats-majors, les intellectuels, et évidemment (comment, ici, l'oublier ?) la presse, juillet 14 pose des questions fascinantes, angoissantes et auxquelles, un siècle plus tard, manquent encore tant de réponses !

Si j'y suis aussi sensible, c'est parce qu'avec toute l'équipe du site, depuis quelques semaines, nous nous sommes plongés dans le vertigineux engrenage pour en extirper, au fil des découvertes, la saisissante modernité. Vous aurez compris que nous vous préparons, pour cet été, pour très bientôt, de sacrées surprises. Mais chut, j'en ai déjà trop dit, les murs ont des oreilles. A bientôt.

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