Rubirola, une arnaque parmi tant d'autres
chronique

Rubirola, une arnaque parmi tant d'autres

La Provence est en deuil : la maire écologiste de Marseille Michèle Rubirola cède sa place à son premier adjoint socialiste Benoit Payan. La Provence de Tapie-Giesbert (qui avait mené une campagne acharnée pour l'adversaire de droite de Rubirola, Martine Vassal) est en deuil, et tant de journalistes avec elle, comme Ariane Chemin, du Monde, autrice d' un article prémonitoire en octobre. Car il y aurait une arnaque. Les Marseillais auraient élu une écolo de la société civile, pour se retrouver avec un apparatchik socialiste. 

Certes. Serais-je électeur marseillais, que je la trouverais peut-être saumâtre. Mais Payan l'a-t-il remplacée par la force ? Que sait-on de sa politique future (à supposer, bien entendu, qu'il soit élu, ce qui reste à confirmer) ? Sera-t-elle différente du programme du Printemps Marseillais, sur lequel a été élu l'attelage Rubirola-Payan ?  Et surtout, cette arnaque est-elle fondamentalement différente de l'arnaque nationale habituelle de l'élection du chef de l'État au suffrage universel ?

En 1981, François Mitterrand est élu sur un programme d'union de la gauche d'augmentation des salaires et de relance. A partir de 1983 et du "virage de la rigueur", il renonce à toute relance keynésienne, et  mène jusqu'en 1995 une politique d'austérité conforme aux directives européennes, entrecoupée par deux cohabitations avec la droite. En 1995, Chirac est élu sur une vibrante dénonciation de la "fracture sociale".  Dès l'automne, il met la France dans la rue, avec un projet de réforme des retraites et de la sécurité sociale. Hollande est élu en 2012 sur sa mémorable envolée : "Mon ennemi c'est la finance". Il renonce à la séparation des activités bancaires pour assainir ladite finance toxique après la crise des subprimes de 2008, renonce à la création de toute taxe sur la finance, impose la loi Travail à coups de 49.3 à une majorité rétive,  octroie le "cadeau aux patrons" du CICE, contre la promesse jamais réalisée d'un million d'emplois créés. Et surtout, il crée Macron, lequel est élu en 2017 sur le "en même temps", et dont la suppression de l'ISF a fait exploser le revenu des 0,1% les plus riches. La déception n'est d'ailleurs pas seulement un produit de gauche. De l'autre côté, les promesses sarkozyennes de 2007 (plafond annuel d'immigration, réduction de la dette, bouclier fiscal, etc) n'ont pas été davantage tenuesOui, il y a bien une arnaque marseillaise. Mais parmi tant d'autres....

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