Renault et la "manipulation"
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chronique

Renault et la "manipulation"

Incroyable ! Inimaginable ! Qui l'eût cru ?

Dans le polar d'espionnage qui occupe depuis quelques mois les médias sidérés, Renault pourrait donc avoir été victime de "manipulation". Les trois cadres supérieurs licenciés avec fracas, et accusés d'espionnage et de corruption, dans le dossier de la voiture électrique que le monde nous envie, pourraient être blanchis (en tout cas, dans un premier temps, deux d'entre eux). C'est Libération qui affirme que le numéro deux de Renault, Patrice Pelata, est allé l'avouer à Matignon. L'avocat de Renault dément mollement: "on n'a aucun renseignement qui concourt d'une façon ou d'une autre à dire que la thèse d'espionnage n'existe pas", explique-t-il (phrase à relire et déguster plusieurs fois). Mais les bouches s'ouvrent. Et on apprend ainsi qu'un autre cadre, voici quelques mois, avait été victime d'une mésaventure aussi brutale.

Dans une enquête qui se déroule (quasiment) à ciel ouvert, aucun élément n'est encore venu confirmer que les cadres mis en cause étaient détenteurs de comptes en Suisse ou au Liechtenstein, par lesquels aurait transité l'argent de la corruption. Voici quelques semaines déjà, Le Canard enchaîné détaillait combien le dossier d'accusation contre eux semblait bricolé. De longues semaines durant, observant la lourde accusation se dégonfler dans la presse, et observant parallèlement la certitude dont faisait preuve, PDG Ghosn en tête, la direction de Renault, on voulait se convaincre que cette direction avait vraiment sous le coude des éléments que nous ne connaissions pas. Tout n'était pas sur la table. C'était trop gros pour être vrai. Il y a bien quelqu'un, à la direction de Renault, capable d'offrir le Canard à Carlos Ghosn !

Sans qu'on puisse encore l'affirmer, pas plus que le contraire, il apparait donc plausible que Renault se soit laissée enfumer par les élucubrations de privés de troisième ordre, pardon, se soit fait "manipuler". C'est plus chic. On attend avec impatience les conclusions de la contre-enquête dévoilant l'habileté démoniaque dont ont fait preuve les "manipulateurs". Si enfumage il y a eu, il faut qu'il soit au moins au niveau de sophistication requis par la multinationale française. Standing oblige.

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